Rentrée qui sent la poudre, chez TF1. Pendant que le siège du JT de 20 heures, dont Patrick Poivre d'Arvor s'est fait éjecter, suscite déjà des joutes médiatiques concernant sa nouvelle occupante (Laurence Ferrari), celui du 13 heures n'a pas le temps de refroidir.
Jean-Pierre Pernaut, qui fêtait en février de cette année ses 20 ans à la tête du JT de 13 heures de la Une, incarne la force tranquille, en cette période d'agitation. Mais pour lui, volontiers consensuel, le contexte de rentrée de TF1 n'est "pas agité", mais "nouveau".
En dépit des régulières rudesses dont il fait l'objet, son journal — magazine institutionnel de la vie de nos clochers, de la floraison des perce-neige et du travail du dernier artisan empailleur dans le Berry, le tout traditionnellement ponctué par "un mot de la Bourse" — a sa clientèle et cultive son terroir : "Je refuse de faire du suivisme, en reprenant par exemple toutes les informations du matin à la radio", explique-t-il dans un entretien accordé à Télé 7 Jours. Effectivement, quand vient l'heure des Feux de l'Amour, on en sait bien plus sur le musée de la charentaise que sur l'évolution du conflit au Proche-Orient. Est-ce de l'information ? C'est au moins une respiration.
Pas question de changer la formule : ce JT "évolue depuis vingt ans tout en gardant les mêmes bases, les quatre R : rigueur, rapidité, reportages et régions — ma grande fierté", affirme-t-il. Taxé de ringardise, il objecte : "[mon journal] est précurseur. J'ai été le premier à parler des langues régionales. On m'a traité de ringard. Or leur importance a été notifiée dans la Constitution. Idem pour les métiers qu'on disait 'en voie de disparition' et qu'on qualifie aujourd'hui de métiers d'art. Certains Parisiens estiment ma vision rétrograde, je pense qu'ils sont en retard sur leur temps."
Au rang de ceux qui semoncent ce robuste chêne bien enraciné dans la maison TF1, Bruce Toussaint. Une autre génération… et ça se sent ! Le présentateur de L'Edition spéciale sur Canal+ a récemment taillé le Pernaut à bons coups de tronçonneuse verbale. "Qui ?", demande Pernaut quand on évoque cette sortie de Toussaint.
Au pays des métiers de la ruralité, voici la réponse du berger à la bergère : "Je ne le connais pas. Mais j'ai lu ses propos sur Internet. La preuve d'un manque de maturité et d'intelligence évident. J'espère qu'un personnage qui s'en prend à ma vie privée n'a pas de carte de presse. Et qu'il va apprendre son métier. Il faut que je regarde à quoi il ressemble. S'il s'intéresse aux dents de ma femme, il n'a peut-être pas grand-chose à faire…" Entre fossé générationnel, conception du métier, et… pure concurrence, la passe d'armes ne fait que commencer.
On regardera le JT de JPP du 1er novembre prochain : pour la Toussaint, il aura bien un reportage ou deux à dédier à Bruce !
Guillaume Joffroy
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