« Jo-Wilfried Tsonga... Il était où, celui-là ? », demandait à son propos « le Maître » Roger Federer avant les demi-finales de l'Open d'Australie. Le Suisse, numéro 1 mondial, n'aura pas à se poser la question bien longtemps : car s'il remporte sa propre demi-finale de demain contre Novak Djokovic, il trouvera sur sa route, en finale, Jo-Wilfried Tsonga, alias Tsunami Tsonga dans les colonnes de la presse australienne. Et il verra qu'il ne sort pas de nulle part...
Le jeune tennisman manceau, à 22 ans, accède de façon spectaculaire à sa première finale d'un tournoi du Grand Chelem, après avoir balayé le redoutable espagnol Rafael Nadal. Ce matin, la terreur a changé de camp : Nadal, humilié en trois petits sets (6-2, 6-3, 6-2), en sera réduit à supposer, en conférence d'après match, que son adversaire du jour « ne pourra pas jouer comme ça chaque semaine, ce n'est pas possible ». Et pourquoi pas ?
Merveille de sourire et d'adrénaline - voire de dynamite, Jo-Wilfried Tsonga, né de père congolais, apparaît comme le nouveau poids lourd français, honorant ainsi la comparaison avec Mohammed Ali que lui vaut son physique. « C'est un de mes héros », avait-il d'ailleurs déclaré à la BBC lors du dernier Wimbledon. Et à en juger d'après les pains que Jo distribue sur les cours, son idole l'inspire. Mais ce colosse de 90 kg pour 1,88m n'est pas là par hasard : si le grand public le découvre seulement à la faveur de cet exploit retentissant, le monde tennistique, en revanche, compte sur lui depuis longtemps.
Après avoir remporté l'US Open Junior en 2003 et atteint les demi-finales des 3 autres tournois du Grand Chelem, il tarde à confirmer les espoirs placés en lui, perturbé par des blessures à répétition. Classé au-delà de la 200ème place mondiale à l'orée de la saison dernière, il est à présent 38ème et vient d'éliminer, en quelques jours, 4 joueurs du Top 15 (Murray, Gasquet, Youhzny, Nadal). Explosif et généreux, Guy Forget salue en lui un joueur moderne, et se délecte du « tennis panache » qu'il pratique - un style qui rappelle fortement un certain Yannick Noah. On lui souhaite un parcours toujours plus glorieux...
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