Joakim Noah n'est pas le genre à s'attarder sur une déception ou une frustration. Le colossal espoir du basket français, privé d'Euro, a dû savourer à distance les belles performances de ses copains emmenés par Tony Parker, qui ont gagné leur billet pour les deux prochains grands rendez-vous internationaux (Mondial 2010 et Euro 2011).
D'ailleurs, il ne manque pas l'occasion, de passage par Londres où il jouera ce soir avec les Bulls dans le cadre du NBA Europe Live, de saluer TiPi via les colonnes du Figaro : "Le boss. Le grand frère pour tout le monde. Il a un palmarès incroyable. Titres NBA, All Star, il a tout gagné ou presque. Et l'équipe de France est une priorité pour lui. Il a tout essayé pour que je reste et dispute le championnat d'Europe, c'est un vrai leader. Il a vraiment envie. Il a sacrifié tous ses étés pour l'équipe de France, il donne tout. Respect. Et en plus, il ne se prend pas la tête."
Un véritable exemple pour un Joakim qui... en est un lui-même. Bourreau de travail comme le furent avant lui son grand-père et son père (le footballeur Zacharie et le tennisman Yannick), le nouvel athlète de la dynastie Noah est bien retombé sur ses pieds après une adolescence un peu bancale : "J'ai fait des conneries. Beaucoup. Papa n'était pas là quand je vivais à New York. Il vivait en France et même s'il était très présent au téléphone, il était de l'autre côté de l'Atlantique. A 13, 14 ans, j'ai multiplié les bêtises et ai été viré du lycée. J'ai alors commencé à me concentrer sur le sport et le basket sérieusement. Et ensuite, j'ai fait beaucoup de sacrifices. Papa avait envie de me voir pendant les vacances pour qu'on soit en famille mais je restait à New York avec mon coach pour travailler".
Eh oui, car on ne marche pas dans les pas de Dennis Rodman sans peine ! "Papi était un gros bosseur, papa était un gros bosseur, j'essaie de faire pareil. Papa (...) mettait des chaussettes sur ses mains pour s'entraîner ou faire des footings et lutter contre le froid. J'aime cette histoire, ces histoires. Travailler, j'ai appris ça d'eux. Travailler. Pousser. Travailler encore."
D'autant qu'à présent, ce papa dont il est si fier ("Je serai toujours le fils de Yannick, cela ne me pose pas le moindre problème. J'en suis fier") et qui est si fier de lui est tout près. Puisque son fiston ne peut disposer de son temps et de ses déplacements comme il le voudrait, Yannick Noah est parti vivre à New York, en profitant pour faire de la musique avec... son futur gendre !
Et au vu de l'appétit de Joakim (2,11 m, 105 kg), le Team Noah a de beaux jours devant lui : "Gagner un championnat. Gagner avec l'équipe de France. Le Mondial, l'an prochain, j'en ai envie. Bien gagner ma vie aussi. Monter un camp de basket au Cameroun, participer à des actions à New York..."
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