L'ancien bébé star, Jordy, a enfin réussi à faire reconnaître ses droits d'auteur et son droit à l'exploitation de ses oeuvres.
Le petit garçon de 4 ans qui nous expliquait à quel point c'était dur, dur d'être un bébé (en 1992) a fait carrière dans la chanson grâce à plusieurs tubes. Le succès ne connaissait d'ailleurs pas de frontières, puisque le bébé a été une star dans pas moins de quatorze pays. La médiatisation de cet enfant -qui a appris les chansons en phonétique- a fait polémique. Sa notoriété soudaine a posé le problème du travail et de la rénumération des mineurs et plus particulièrement, des bébés. Car Jordy était un phénomène : Un bébé-star ? Du jamais-vu à l'époque ! Porté par un père à l'ambition outrageuse (père qui était aussi producteur), Jordy a été manipulé voire exploité. En effet, si grâce à ses singles (Alison, Les boules et le fameux Dur, Dur D'être un bébé), il a vendu pas moins de six millions d'exemplaires, il n'en a néanmoins jamais vu la recette...
Encore mineur, Jordy tente de se refaire une notoriété : ainsi, en 2005, Jordy qui se lance maintenant dans le rock (avec son groupe Jordy And The Dixies) participe à l'émission de télé-réalité La Ferme Célébrités sur TF1 : un passage marqué puisqu'il remporte cette deuxième édition. L'année d'après, en 2006, Jordy Lemoine publie son autobiographie (Je ne suis plus un bébé, aux éditions Scali) dans laquelle il raconte que son père est parti avec son argent. Son pourcentage de revenu dans les recettes générées par l'exploitation commerciale de ses chansons aurait du être bloqué sur un compte jusqu'à sa majorité... mais la vérité est autre : à ses 18 ans, il a constaté qu'il n'y a pas un sou relatif à cette période dorée.
Les responsables ? Son père bien sûr et la maison de disques, aussi. Jordy Lemoine a donc assigné en justice son ancienne maison de disques, Sony BMG, pour contrefaçon. Il réclamait 5 millions d'euros à Sony à titre d'indemnités. De son côté, la maison de disques ne se considérait pas comme inquiétée, puisqu'elle estimait ne pas être au courant de l'absence de reversement à l'artiste (une relation concernant normalement le producteur et l'artiste).
Toutefois, la justice a tranché... et a donné raison au jeune homme, désormais âgé de 21 ans. En effet, une ordonnance rendue vendredi dernier atteste que le Tribunal de Grande Instance de Paris a en effet jugé qu'"en exploitant des enregistrements phonographiques et vidéographiques de Dur, Dur D'être Bébé, Pochette Surprise, Potion Magique, Allison, Les Boules et It's Christmas sans autorisation de Jordy Lemoine, artiste interprète, Sony BMG s'était rendue coupable de contrefaçon". Le Tribunal a bien entendu constaté l'existence de liens contractuels entre la maison de disques et le producteur (le père de Jordy), mais pour diverses raisons, ces contrats sont irrecevables. Ce n'est donc pas le père, mais Sony qui écope du châtiment. Et quel châtiment !
La puissante maison de disques a donc été condamnée à verser 820 000 € de dommages et intérêts à Jordy sur la base légale que le plaignant "a été privé, indûment, de droit d'autoriser l'exploitation des interprétations en cause". Une somme rondelette qui revient donc de droit à Jordy, après dix-sept ans.
Dur dur d'avoir été un bébé-chanteur...
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