Julia Migenes : "Ma vie est faite de solitude, j'évite toute vie sociale. Le monde, les vacances, ça n'existe pas pour moi..."
Les coulisses de la vie d'artiste ont parfois des allures difficiles à imaginer... Pour ceux qui auraient assisté au show grandiose de la cantatrice américaine Julia Migenes en ouverture du festival de Deauville, il y a quelques jours, la vision de l'envers du décor risque de créer un saisissant contraste !
Dans les colonnes du magazine Gala, l'artiste de 60 ans, ancienne vedette de musicals à Broadway (Un violon sur le toit, West Side Story) et chanteuse d'opéra choisie par Francesca Rosi pour incarner à l'écran, au côté de Placido Domingo, Carmen dans le film éponyme de 1984, ouvre une fenêtre sur sa vie de femme. Dévoilant ainsi une existence solitaire - en plein coeur d'Hollywood, pourtant - qui peut paraître austère, mais s'avère être la condition sine qua non à une carrière exemplaire.
Si elle vit toujours à Hollywood, où elle s'était installée avec son quatrième époux, le réalisateur Peter Medak, et où elle a gardé ses habitudes après leur divorce (ses deux filles vivent dans les parages, aussi), Julia Migenes n'a pas oublié ses années de jeunesse à Vienne, ni son arrivée en France, "le pays de la liberté et des artistes", lorsqu'elle a "débarqué avec deux valises dans un petit appartement, rue de l'Assomption, dans le 16e arrondissement".
Alors que paraît, précisément, Hollywood Divas, son nouvel album consacré aux musiques de film, cette diva-là dresse l'état des lieux d'une vie de sacrifices qui lui a permis de connaître la carrière qui est la sienne : "Ma force est d'avoir toujours mélangé les registres (...) Il faut une discipline d'acier et un entraînement rigide pour entretenir sa voix (...) Je pratique des exercices pour réaligner tous les muscles de mon corps après chaque performance. Je dors huit heures par nuit, j'évite l'alcool, les repas trop riches. Je refuse de parler plusieurs heures avant un spectacle - en correspondant par SMS, par exemple... J'ai appris à éviter ce que les Français appellent 'la bonne vie' ou 'la bonne chère' (...) Chanter, c'est ma vie !"
Une profession de foi réaffirmée, après quatre divorces et à présent que ses filles "mènent leur barque" (elle se souvient que la plus jeune des deux, Jessica, lui avait dit, à 5 ans : "Maman, je ne te donnerais pas un centime pour chanter") : "Aujourd'hui, je vis avec mon art. Et j'espère mourir sur scène. Quand je chante, c'est mieux que toutes les drogues du monde (...) Je vis seule avec ma chienne, qui est aveugle. J'ai quelques rares amis aux USA et en France, mais ma vie au quotidien est faite de solitude. J'ai besoin de silence pour préparer mes spectacles et j'évite toute vie sociale pour protéger ma voix. Le monde, les vacances, tout ça n'existe pas pour moi."
Faire un lien vers cet article


Cliquez sur un smiley pour l'insérer.