Pour la quatrième fois de sa carrière prolifique traversée par des cinéastes de tous horizons, Juliette Binoche est présente sur la Croisette... avec un rôle à y jouer. A trois reprises, c'était un rôle devant la caméra, via ses performances dans Rendez-vous (1985), Code inconnu (2000) et Caché (2005). Cette fois, c'est en coulisses que cela se passe. Mais pas discrètement pour autant.
La comédienne de 45 ans, de retour d'une tournée internationale avec son spectacle de danse et véritable citoyenne du monde, entend bien faire entendre sa voix, mais aussi et surtout celle des réalisateurs du monde entier qui passeront dans les prochains jours par le Pavillon des cinémas du monde, qu'elle inaugurait aujourd'hui au côté du cinéaste mauritanien Abderrahamane Sissako - lequel parraine avec elle l'opération.
Installé au sein du village international du festival, ce lieu inédit doit permettre la rencontre d'acteurs du septième art venant du monde entier et favoriser l'essor des projets de réalisateurs et de talents d'Afrique, d'Asie, d'Amérique latine, d'Europe centrale et orientale. "C'est un lieu ouvert aux cinéastes kirghizes, boliviens, éthiopiens... Ils sont amenés à rencontrer des producteurs, pour que leurs projets voient le jour, explique Juliette Binoche dans les colonnes du Parisien. A travers ce Pavillon sont également menées des missions comme celle qui vise à réhabiliter des salles de cinéma en Afrique. Rendez-vous compte : il n'y a qu'une cinquantaine de salles actuellement sur tout ce continent !"
Il n'est pas anodin que Abderrahamane Sissako soit embarqué avec elle à bord de ce chantier de promotion des cinémas émergents : c'est avec lui qu'elle dit avoir pris une "grosse claque". "Il y a trois ans, son film 'Bamako' a été révélateur de cet état de choses. C'est un vrai retournement, une grosse claque, se souvient-elle. Il a montré que les Africains ne sont pas dupes du fait que l'on colonise toujours leur continent, autrement, par le G8, la Banque Mondiale, les bonnes intentions..."
Une production emblématique, selon elle, de la démarche qu'elle entreprend avec le Pavillon : "Aller chercher le réalisateur qui va faire bouger les petites portes, c'est ça qui me passionne. Car ce qu'on ne peut pas forcément dire en grand, on peut parfois le dire en petit."
Le Pavillon est hissé.
G.J.
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