Au-delà du Réel, titre de son dernier album, l'aventure risque de ne pas continuer : rattrapé par une récente affaire de violences, Kery James, qui devra prochainement répondre de ses actes, envisage de tout plaquer pour s'exiler et se ressourcer.
Alors que son dernier album, Réel, sa cinquième réalisation solo (un an après le disque d'or A l'ombre du show-business), est venu conforter sa place de leader du rap français en s'emparant de la première place des charts après sa sortie le 27 avril dernier, il n'a pas vraiment eu le loisir de profiter des fruits de son labeur : "Cela aurait dû être l'euphorie, mais c'était une période tourmentée", explique-t-il au Parisien.
En cause : une baston, le soir même de la sortie de Réel, dans les studios d'une radio, avec le rappeur Black V-ner qu'il avait invité pour un duo sur son précédent album et qui estimait ne pas avoir été rétribué en conséquence. L'incident va lui valoir de passer devant un tribunal correctionnel pour violences... "J'étais dans une radio, dans le cadre de mon travail, et ce type surgit dans la station après m'avoir insulté et menacé sur Internet, raconte-t-il. Et même si ma riposte est disproportionnée, je n'ai pas envie d'être une serpillière quand on s'en prend à mon intégrité physique (...) Cela faisait plus de dix ans que je n'avais pas eu affaire à la police. Je ne suis jamais passé aussi près de la case prison (...) C'est dommage, mais c'était inévitable."
Et si "les gens [qu'il] prétend représenter ont compris ce qui s'est passé et ne [l']ont pas sanctionné", le natif de la Guadeloupe aux origines haïtiennes s'auto-censure : "Je vais arrêter la musique, le rap, pendant deux ou trois ans, partir à l'étranger, me ressourcer. J'ai besoin d'autre chose, de nourriture spirituelle forte. Les disques d'or, le fait d'être numéro un, ce n'est pas la cerise sur le gâteau, mais le résultat de quinze ans de travail laborieux. D'autres ont mis beaucoup moins de temps à y arriver."
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