Alors qu'il fait paraître aujourd'hui même un nouvel album qu'on pensait ne jamais entendre pour cause de retraite, et que son sulfureux complice JoeyStarr devrait sortir aujourd'hui de prison, Bruno Lopes alias Kool Shen, 42 ans, fait le point dans une interview accordée au Parisien.
Evidemment interrogé sur la détention de son binôme du Suprême, condamné au début de l'été dernier à deux ans de prison, dont 6 mois ferme, le rappeur de Saint-Denis, qui dit ne pas s'être rendu au parloir mais correspondre avec JoeyStarr (lequel "va bien"), donne sa vision des choses : "J'ai pensé plus à lui et à ses deux gosses qu'aux concerts. Joey, c'est un sanguin. Il descend chercher des clopes à 5 heures du mat. Il est en tongs et en jogging. Il y a des mecs bourrés qui se foutent de sa gueule : "Oh Joeystarr en pyjama". Il se met devant leur voiture pour pas qu'ils partent. Il roule sur le capot, remonte chez lui et va chercher un hachoir. Et voilà ."
Un côté sanguin également en exergue dans les retrouvailles de NTM, lorsque, après avoir livré une autobiographie mal reçue ("Joey avait dit des saloperies sur moi") par Kool Shen, JoeyStarr avait fait, à sa façon, amende honorable : "Tu sais bien que je suis le champion du monde de la connerie", avait-il déclaré à son acolyte.
Ce dernier, de retour dans les bacs avec Crise de conscience, appuyé par deux singles vindicatifs (J'reviens et C'est bouillant), rappelle qu'il avait raccroché pour se consacrer au label qu'il avait fondé (IV My People) : "En 2006, on a dû fermer pour des raisons économiques et je me suis remis à faire un disque".
Avec la sortie de prison de JoeyStarr, l'heure est à l'évocation de l'avenir de NTM. Et, malgré les dernières semaines un peu épineuses imposées par les frasques de JoyStarr à Kool Shen, qui a dû donner des concerts "gratuits" en solo pour éponger les pénalités du groupe pour les festivals victimes du désistement forcé de NTM, Bruno et Didier risquent fort de reprendre le micro ensemble : "J'ai adoré la tournée, les concerts. Si on nous repropose des dates, je suis prêt. On va en discuter quand Joey sortira".
Indulgent envers son partenaire ("Moi-même j'ai eu des problèmes avec la justice. J'ai vécu 38 ans au même endroit, toutes mes relations sont des mecs de banlieue et forcément certains font autre chose que de la musique"), Bruno Lopes concède finalement que la paternité l'a transformé : "Je suis un peu une mère juive avec lui [son fils de 6 ans] ! Sa maman travaille beaucoup, elle est danseuse, et moi j'écris à la maison donc je vais le conduire et le rechercher à l'école. Il m'a appris à prendre du recul, à tempérer ma colère".
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