Quand Hollywood sort les gros moyens...
Considéré comme l'un des films le plus cher de l'histoire des studios hollywoodiens, Titanic de James Cameron (1998) est une histoire d'amour classique - il est pauvre, elle est riche mais ils s'aiment - dans un contexte dramatisant leur amour : le naufrage spectaculaire du navire. Brillamment orchestré et interprété par Leonardo DiCaprio et Kate Winslet, ce film est devenu un mythe.
Quelques années avant, en 1950, Victor Fleming avait fait de même avec Autant en emporte le vent avec Clarke Gable et Vivien Leigh. Sans vouloir comparer ces deux oeuvres sur le fond, elles répondent parfaitement aux critères de la romance tragique mais magnifique et ont récolté une pluie d'Oscars !
Le Patient anglais d'Anthony Minghella (1997), un film à Oscar par excellence, raconte l'amour que porte à Kristin Scott Thomas, le grand brûlé Ralph Fiennes, amour qu'il a perdu dans le sabotage de son avion.
Pour que l'amour soit aussi dramatique si le budget est plus réduit...
...Il suffit de choisir des amants rongés par la culpabilité de l'infidélité. Meryl Streep ne dira pas un mot de sa relation extra-conjugale avec Clint Eastwood dans Sur la route de Madison (1995), un secret magnifique qu'elle gardera jusqu'à sa mort.
Les amants platoniques d'In the mood for love de Wong Kar-Wai (2000) réussiront à ne pas répondre à leurs désirs alors qu'ils sont trompés par leurs époux respectifs !
Sofia Coppola met tout son talent à montrer la tendre relation que Scarlett Johansson et Bill Murray nouent dans Lost in Translation (2004), sans qu'ils enfreignent un seul interdit.
L'amour est triste mais exotique
Julia Ormond, rejetée par un Brad Pitt torturé, choisit son frère comme mari dans Légendes d'automne d'Edward Zwick (1995).
A l'autre bout du monde, Dans La Leçon de piano de Jane Campion (1993), Holly Hunter cède aux étranges avances de Harvey Keitel. Fou de rage son mari, Sam Neill, lui coupe un doigt. Fallait pas l'énerver !
Dans Casablanca de Michael Curtiz (1942), Humphrey Bogart se la joue grand prince en sauvant la femme qu'il aime et son mari durant la Guerre.
Déchirements à la française...
Jeanne Moreau quant à elle ne sait pas qui elle veut entre Jules et Jim de François Truffaut (1962). Jules, fair play, continuera de l'aimer mais la mort viendra mettre un terme à leur trio amoureux.
Enfin, François Ozon remonte dans 5x2 (2004) aux sources du divorce du couple Stéphane Freiss/Valeria Bruni-Tedeschi en images et en chanson italienne.
Maladie d'amour ou malade d'amour
Malheureusement, il y a pire que les mariages à surmonter, il y a la maladie et évidemment ce qui s'en suit : la mort. L'un des films les plus marquants est Love Story d'Arthur Hiller (1971) avec Ryan O'Neal et Ali McGraw dont les notes de musique hanteront les coeurs désemparés des spectateurs.
Le flamboyant Moulin-Rouge de Baz Luhrmann sera entaché par la mort de Satine, alias Nicole Kidman, victime de la tuberculose au grand dam de Christian ou Ewan McGregor (2001).
Dans Les Nuits fauves (1992), film autobiographique de et avec Cyril Collard, le héros doit vivre et aimer Romane Bohringer avec le sida.
Lars von Trier va encore et toujours plus loin dans Breaking the Waves : Emily Watson accepte de se donner à d'autres hommes sous le regard du sien, handicapé physique.
Dans My girl de Howard Zieff (1992), l'héroïne hypocondriaque ne tombera pas malade mais c'est son amoureux Macaulay Culkin qui décèdera des suites d'une piqûre d'abeille...
Ce n'est pas la maladie qui emporte Hilary Swank dans Million dollar baby de Clint Eastwood (2005) mais un coup, une blessure qui brise deux vies, celle de la boxeuse et celle de son coach.
L'amour plus fort que la mort ?
C'est ce qu'on peut voir dans ces oeuvres romanesques. Symbole de l'obstacle insurmontable, affronter la mort rend la passion encore plus belle. Dans Dracula de Francis Ford Coppola (1993), Gary Oldman pactise avec les forces démoniaques pour retrouver sa bien-aimée sous les traits de Winona Ryder.
Patrick Swayze revient de l'au-delà pour sauver celle qu'il aime, Demi Moore dans Ghost de Jerry Zucker (1990) tandis que l'ange Nicolas Cage renie sa condition éternelle pour aimer Meg Ryan dans La Cité des Anges (1998) de Brad Silberling.
Entre les deux mondes, c'est-à-dire le coma, est-il possible de toujours aimer ? La réponse de Pedro Almodovar est oui, il le prouve dans Parle avec elle (2002).
Tels des enfants entêtés, Guillaume Canet et Marion Cotillard testent les limites de leur amour jusque dans la mort dans Jeux d'Enfants (2003) de Yann Samuel.
Enfin, c'est la mort de sa femme, Rachel Weisz, qui fera réellement découvrir à Ralph Fiennes qui elle est dans The Constant Gardener de Fernando Meirelles (2005).
Fous d'amour
Amour fou, c'est une expression qui s'applique parfois de façon littérale au cinéma. Dans Liaison fatale (1988), Glenn Close poursuit son amant Michael Douglas jusqu'à détruire sa vie.
Elle remet ça dans Les Liaisons dangereuses de Stephen Frears (1989) où sa manipulation la mène à pousser en quelque sorte aux suicides de John Malkovich et Michelle Pfeiffer.
L'amour peut devenir un jeu pervers : pour Kim Basinger et Mickey Rourke dans Neuf semaines et demie d'Adrian Lyne (1986) et Le Silence des Agneaux de Jonathan Demme (1991). Si le film ne semble pas parler d'amour, la relation faite de répulsion et de fascination de Jodie Foster et Anthony Hopkins en fait la matière première.
Isabelle Huppert et Benoît Magimel jouent au même jeu dans La Pianiste de Michael Haneke mais la frontière entre la perversion et la démence est si fine que le suicide apparaît comme la seule véritable délivrance.
Le vice et l'amour
Le vice est aussi dans l'alcool qui détruit à petit feu des hommes. Shahrukh Khan ne supporte pas avoir perdu Aishwarya Rai dans Devdas de Sanjay Leela Bhansali (2003).
Nicolas Cage que la bouteille mène à sa perte et à celle d'Elisabeth Shue dans Leaving Las Vegas de Mike Figgis (1996).
Dans Requiem for a Dream de Darren Aronofsky (2001), Jared Leto et Jennifer Connelly se perdent tout deux dans les abîmes de la drogue.
La société vs. l'amour
Evidemment, aimer tragiquement ne veut pas forcément dire se noyer dans du whisky ou se suicider. La société et ses règles suffisent à barrer la route à des amoureux innocents. La passion entre Gwyneth Paltrow et Joseph Fiennes ne peut durer car le dramaturge n'est pas un noble, mais elle l'inspirera brillamment dans Shakespeare in Love (1999) de John Madden.
Les conventions sociales d'Anthony Hopkins l'empêcheront de déclarer à Emma Thompson sa flamme dans Les Vestiges du jour de James Ivory (1994).
Faye Dunaway et Warren Beatty seront les amants gangsters Bonnie and Clyde d'Arthur Penn (1967) et termineront massacrés par les forces de l'ordre...
L'amour que porte Susan Sarandon au condamné à mort Sean Penn révèle l'humanité du criminel dans La Dernière Marche de Tim Robbins (1995).
Dans Le Secret de Brokeback Mountain d'Ang Lee (2006), Jake Gyllenhaal et Heath Ledger sont des amants cachés : impossible de s'aimer ouvertement avec un autre homme quand on est un cow-boy dans l'Amérique profonde.
Hilary Swank subit la même injustice meurtrière dans Boys don't cry de Kimberly Pierce (2000).
Quant à Charlize Theron, sa passion dévorante pour Christina Ricci et le cadre social glauque et violent dans lequel elle se trouve la mène à commettre l'irréparable dans Monster de Patty Jenkis (2004).
La différence d'âge est aussi créatrice de liaisons interdites. Celle de James Manson et Sue Lyon ne peut que choquer l'opinion dans Lolita de Stanley Kubrick (1962).
Jean Reno et Natalie Portman ne vivent pas quant à eux une romance, mais de leur couple résulte un amour filial ambigu mais terriblement touchant dans Léon de Luc Besson (1994).
Melting-pot d'amoureux
Les épreuves pour que l'amour soit victorieux sont nombreuses et parfois irréalisables pour deux personnes qui ne sont pas issues du même monde. Dans West Side Story de Jerome Robbins et Robert Wise (1962), Maria est sud-américaine et Tony italien, deux communautés qui se déchirent à New York.
Wesley Snipes, afro-américain et Annabella Sciorra, italo-américaine, sont victimes du poison des préjugés racistes. Un sujet d'actualité mais le problème existe depuis la nuit des temps.
Dans Le Dernier des Mohicans de Michael Mann, Daniel Day-Lewis (1992) subit les affronts des différentes tribus d'Indiens d'Amérique et des colons.
La douce fiancée de Mel Gibson ne tiendra pas longtemps dans le film, tuée par les mains d'ignobles soldats anglais dans Braveheart (1995).
Les ''monstres'' ont-ils droit à l'amour ?
King Kong ne finit pas avec sa jolie blonde quelle que soit la version avec Fay Wray, Jessica Lange ou Naomi Watts.
Dans l'univers de Tim Burton, Johnny Depp fait peur à certain dans Edward aux mains d'argent mais sa tendresse et sa poésie vont conquérir le coeur de Winona Ryder. Conscient de sa différence, il s'enfermera quand même dans son monde.
Eh bien non, toutes nos excuses aux plus "fleur bleue" de nos internautes, l'amour n'est pas plus fort que tout. Au cinéma, les histoires d'amour finissent mal, très mal pour le plus grand plaisir des purecinéphiles !
Samya Yakoubaly
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