S'il n'a pas porté chance aux Gones, en donnant hier soir le coup d'envoi du match de Ligue 1 Lyon-Sochaux (défaite surprise des locaux, 0-2) au centre de la pelouse de Gerland, comme nous vous proposons ci-dessus de le revoir en vidéo, les Lyonnais n'en ont pas voulu au magnifique Clint Eastwood.
Le cinéaste, quelques minutes plus tard, recevait une autre ovation, lors de son apparition au sein du centre de congrès de la capitale des Gaules : invité d'honneur de la première édition du Festival de cinéma de Lyon (qui s'achève ce soir), Clint Eastwood, 78 ans, s'est vu décerner le premier prix Lumière de l'histoire, remis par un Bertrand Tavernier (président de l'Institut Lumière) exalté et fier de souligner la dimension "lincolnienne" des oeuvres de son homologue, qui "nous amène le meilleur de l'Amérique".
Parti fâché - et bredouille - de la Croisette en 2008, alors qu'un prix honorifique couronnant sa carrière devait lui être attribué, après l'indifférence relative du jury et du palmarès à l'égard de son Changeling (avec Angelina Jolie), Clint Eastwood, présent en France pour plusieurs jours à l'occasion du tournage de son prochain film doté d'une distribution pleine de Frenchies, était de bien meilleure humeur en ce samedi 17 octobre 2009. En attestent ses déclarations émues, mais surtout teintées d'un humour vif et irrésistible : "Auguste et Louis Lumière, on leur doit beaucoup ! Moi, personnellement, je leur dois 60 ans de travail ! (...) Je suis tombé amoureux de Lyon il y a deux ans et je voudrais remercier Gérard Collomb [le maire PS de Lyon, NDLR] de soutenir ce festival qui est magnifique car il n'y a pas de compétition, pas de perdants, pas de gagnants... sauf moi !"
Evoquant son film en préparation, il a ajouté : "La France est mon deuxième pays. Faire un film en France avec des acteurs français sera très excitant pour moi. La semaine prochaine, je tournerai peut-être près de chez vous... Qui sait ?". A quelques pas de lui, la Belge Cécile de France ne cachait pas son extase, cette "bombe atomique de bonheur", d'avoir été choisie par Clint pour son prochain long métrage, mettant en scène les retrouvailles d'un couple de Français au milieu des victimes d'un tsunami. Marthe Keller qui fait partie de la distribution, était là également.
Apothéose de cette consécration, quelques jours après l'ouverture étoilée de ce festival par Clotilde Courau, Emir Kusturica et tant d'autres (Pierre Etaix, la mine joviale après ses tourments judiciaires, s'est également montré), le fils de Clint Eastwood jouait les musiciens de célébration : Kyle Eastwood, admirable jazzman multi-instrumentiste qui a récemment prouvé que lui aussi aimait la France (tant en y jouant qu'en sortant un troisième album baptisé Metropolitain) et compose régulièrement pour les bandes originales des réalisations de son paternel, a adressé en musique, au sein d'un ensemble, ses félicitations. Sous les yeux de quelque 4 000 personnalités transportées par le moment, dont Jean Rochefort, Dominique Blanc, Laurent Gerra , Xavier Giannoli...
114 ans après la naissance du cinéma, l'éclatante reconnaissance de... tout un cinéma. Celui de Clint.
Guillaume Joffroy
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