On connaissait depuis longtemps l'identité du maître de cérémonie. Et si Edouard Baer a essuyé officiellement les plâtres en se fendant d'un discours solennel et empreint d'émotion, laissant au placard — sans doute provisoirement — ses talents de joyeux trublion, on attendait un invité surprise pour déclarer cette 61ème édition du Festival de Cannes ouverte.
C'est au cinéaste français Claude Lanzmann (82 ans), réalisateur de Shoah et d'autres productions politiquement marquées, qu'est échu cet insigne honneur. Une manière de réaffirmer l'importance accordée à la conscience politique du cinéma par le Festival de Cannes 2008, comme le soulignait un peu plus tôt le président du jury Sean Penn.
L'émotion était encore au rendez-vous quelques instants après, lorsque le musicien Richie Havens a entonné Freedom, comme il l'avait fait au festival de Woodstock, en 1969. Un autre acte engagé, suite auquel l'artiste, véritable symbole de la contre-culture américaine, est tombé dans les bras de son compatriote Sean Penn...
Un préambule qui place résolument cette 61ème édition dans une optique humaniste : il n'y a qu'"une seule humanité, qu'un seul cinéma", assène Claude Lanzmann.
Et sur ce point aussi, la réalisation qui a été choisie pour ouvrir le bal n'est pas neutre : le thriller Blindness, du brésilien Fernando Meirelles — qui était naturellement présent dans la salle en compagnie des acteurs du film —, projeté à 23h30, explore les plus bas instincts d'une humanité glacée...
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