La collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé a pris des allures de casse-tête chinois. En cause, : la vente aux enchères de certaines pièces, en l'occurrence une tête de rat et une tête de lapin de l'époque Qianlong. Des oeuvres d'une valeur unitaire estimée entre 8 et 10 millions d'euros, qui font partie des douze éléments de la fontaine-horloge du Palais d'Eté de l'Empereur Qianlong, détruit et pillé par les Britanniques et les Français en 1860. De multiples pans de cet ensemble ont refait surface sur le marché de l'art au cours des dernières années, notamment acquis par la China Poly Group Corporation, une organisation qui compte nombre de militaires chinois.
Comme il en a été décidé suite au décès du couturier, la maison Christie's est chargée d'administrer la dispersion de l'impressionnante collection d'art d'YSL et de son compagnon, lors d'une vente qui doit se tenir les 23, 24, et 25 février.
Et si la prestigieuse maison fait valoir qu'elle a acquis les deux pièces qui font débat en toute transparence sur le marché de l'art, les Chinois semblent décidés à obtenir gain de cause : 67 avocats ont été saisis de l'affaire (on ignore s'ils ont été mandatés par les autorités du pays), fait observer le site du Nouvel Observateur, qui expose l'imbroglio !
D'autant que, cette fois-ci, il ne s'agit plus d'acquisition en bonne et due forme : les plaignants demandent la restitution pure et simple des oeuvres, suivant la position du directeur général du Département des Musées du Bureau d'Etat, estimant qu'il "n'est pas question de dépenser l'argent de la Chine pour que ces pièces reviennent dans notre pays". Pourtant, le secrétaire général adjoint au Fonds spécial chinois pour le sauvetage des vestiges culturels écoulés à l'étranger, qui poursuit le même objectif, pense que l'Etat chinois "doit respecter les règles commerciales des sociétés de vente aux enchères et le fonctionnement du marché de collection".
Le compte à rebours est lancé.
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