Tragédie de l'année 1996, le massacre des sept religieux fran
çais de Tibéhirine en Algérie avait suscité autant l'effroi que l'émotion. Alors que l'enquête sur les circonstances de leur mort est relancée, le réalisateur du Petit Lieutenant, Xavier Beauvois, traite ces faits douloureux à travers son nouveau long métrage, Des hommes et des dieux selon Le Parisien.
Après les souffrances d'une famille dans Nord, le Sida dans N'oublie pas que tu vas mourir, la lutte des classes dans Selon Matthieu et la police dans Le Petit Lieutenant, Beauvois s'attaque à une histoire plus que délicate. Des hommes et des dieux retrace l'existence de ces moines dans le monastère de Notre-Dame-de-l'Atlas à Tibéhirine à 80 km d'Alger, qui furent enlevés et assassinés, soi-disant par le Groupe Islamiste Armé.
Le cinéaste s'est fortement documenté sur la question comme il le confie au quotidien : "C'est un sujet fort et très sensible. Quand je me suis documenté sur l'histoire de ces religieux, elle m'a particulièrement touché. Ces sept moines étaient très appréciés dans la région où ils donnaient des cours de littérature aux enfants. [...] Ils étaient très bien respectés par toutes les autres communautés, dont les musulmans avec lesquels ils entretenaient d'excellentes relations."
Beauvois dévoile également à qui il confie le rôle du leader de ces moines, Lambert Wilson. L'acteur à la voix sublime change radicalement d'univers puisqu'il avait dernièrement été à l'affiche de la comédie Victor. Le casting est complété notamment par Michael Lonsdale, Sabrina Ouazani, l'autre révélation de L'Esquive et Roschdy Zem qui a travaillé à plusieurs reprises devant la caméra de Xavier Beauvois. Ceux-ci feront un petit séjour dans l'abbaye de Tamié en Savoie pour s'imprégner de l'ambiance monastique. Toutefois, le film ne sera pas tourné en Algérie pour des raisons de sécurité, mais au Maroc près de Meknès où l'équipe est installé pour deux mois. Elle comprend également Michel Barthélémy, décorateur à qui l'on doit l'admirable reconstitution du monde carcéral dans Un prophète.
La thèse de l'assassinat par des terroristes est désormais remise en cause avec la version de l'attaché militaire de l'ambassade de France à Alger à l'époque, le général François Buchwalter et la levée du secret-défense autorisée par le gouvernement sur les documents relatifs à cette affaire. Ainsi, les moines auraient trouvé la mort à cause d'une bavure de l'armée algérienne, connue à l'époque des autorités françaises.
Un film... révélation ?
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