Tout son entourage la portait à bout de bras, et ne pouvait croire qu'elle renonce à prendre le départ du 200m dos : son coach Lionel Horter, le Directeur technique national, sa famille... Même Philippe Lucas, son ex-entraîneur, pourtant intransigeant dans le cinglant constat d'échec qu'il dressait, ponctuait en déclarant : "Quand on s'appelle Manaudou, on n'a pas le droit de se sauver, il ne faut pas qu'elle abandonne, ce n'est pas possible."
Après avoir touché le fond sur 400m (sa distance fétiche) et 100m dos, dont elle n'a pu faire mieux que respectivement dernière et avant-dernière des finales, on craignait que Laure Manaudou ne parvienne pas à remonter à la surface et qu'elle ne jette l'éponge : "J'ai même pas envie de nager", confiait-elle au bord des larmes — et du bassin olympique — au micro de Nelson Monfort.
Mais à tête reposée, Laure semble avoir digéré ses désillusions, et se sent prête à tout donner pour ne pas repartir des J.O. avec tant de frustration. Sur son blog, qu'elle actualise régulièrement, même quand le moral n'est pas au rendez-vous, elle écrit :
"Bonjour à tous,
J'ai bien vu tous vos messages sur le blog. Votre soutien me touche surtout dans ces circonstances.
Je vis une compétition très difficile, je serai présente sur le 200 dos pour faire le maximum.
Je vous remercie une fois de plus de votre soutien.
Merci"
Un message laconique. Pudique et touchant. Et pour tout l'or du monde, on ne voudrait pas que Laure s'en aille la tête basse.
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