Prix Nobel de littérature en 2005, le dramaturge anglais Harold Pinter, s'est éteint mercredi en Angleterre, à l'âge de 78 ans.
Souffrant depuis plusieurs années d'un cancer de l'œsophage, il ne se déplaçait plus que très difficilement, et n'avait d'ailleurs pu se rendre à l'ultime hommage que la Press Association lui avait rendu le 10 décembre dernier.
Après des débuts de comédien sous le pseudonyme de David Baron, il avait produit en 1957 sa première pièce, The Room. Considéré comme l'un des piliers du théâtre de l'absurde avec Eugène Ionesco et Samuel Beckett, il était l'auteur de nombreuses pièces au succès immenses comme Le Gardien (adaptée par Philippe Djian l'année dernière à Paris, et qui avait valu un Molière à Robert Hirsch dans le rôle du clochard) ou L'Anniversaire.
Il s'essaya également au cinéma et rédigea les scénarios de The Servant, Accident, L'ami retrouvé et Le Messager, chef-d'œuvre absolu mis en scène par Joseph Losey, ainsi que celui de La Maîtresse du Lieutenant Français.
Ces dernières années, il délaissa son activité d'auteur pour se consacrer principalement à une vie de miltant pour les droits de l'homme, et en opposant acharné contre la guerre en Irak, qualifiant ouvertement Tony Blair "d'idiot plein d'illusions" et George W. Bush de "criminel de guerre".
Depuis l'annonce de son décès, plusieurs personnalités du monde politique et artistique ont tenu à lui rendre hommage, notamment :
Le comédien Michel Bouquet : "Les questions que m'a posées Pinter par exemple comme interprète, je me les pose pour tout et tout le temps. C'est un découvreur d'univers, c'est un grand explorateur de l'esprit humain. Et c'est un des quatre grands du siècle dernier avec Samuel Beckett, Thomas Bernhard et Eugène Ionesco."
Le président de la République Nicolas Sarkozy a souhaité également rendre un vibrant hommage à "ce grand dramaturge" et "cet humaniste lucide, intranquille et intransigeant. Fidèle à son tempérament frondeur et hétérodoxe, Harold Pinter a quitté la scène un jour de Noël. Il aura cherché toute sa vie la vérité des êtres et des situations. Dans son travail d'écrivain comme dans sa vie de citoyen, il aura traqué sans relâche la bêtise humaine et ses nombreuses manifestations, les plus monstrueuses comme les plus anodines, l'absurdité se nichant autant dans les guerres que dans les routines de la vie quotidienne. Le Prix Nobel attribué en 2005 a été une consécration tardive de son œuvre immense, mais aussi un hommage au courage et à l'engagement d'un homme contre toutes les formes de barbarie, un homme qui aura renoncé au confort de la notoriété pour marcher toujours sur la corde raide".
Une nouvelle version de L'Anniversaire, adaptée et mise en scène par Michel Fagadau, avec Lorànt Deutsch et Jean-François Stévenin, sera à l'affiche de la Comédie des Champs-Elysées à partir du 30 janvier.
R.I.P.
Adam Ikx
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