Depuis 2003 et son Oscar mérité de la Meilleure Actrice pour The Hours, dans lequel elle incarnait une superbe Virginia Woolf (ce qui allait en faire, juste après Moulin Rouge, la plus grande star féminine des années 2000), Nicole Kidman, 41 ans, a vu la cote de sa carrière fondre comme neige au soleil.
En effet, avec des films aussi ratés et sans intérêt que Nadia (avec Vincent Cassel), Et l'homme créa la femme (avec Matthew Broderick), Birth (avec Danny Huston), L'interprète (avec Sean Penn), Ma sorcière bien aimée (avec Will Ferrell) ou Invasion (avec Daniel Craig), cela fait plusieurs années que Nicole n'est pas apparue au générique d'un succès et encore moins d'un film de qualité. Avec cette succession de bides, elle a effectivement "grillé" une bonne partie de son aura et de son pouvoir à Hollywood.
Mais son grand retour annoncé (espéré ?) cette année grâce à la fresque épique Australia (voir la bande-annonce), après une première grossesse naturelle (la petite Sunday Rose eue avec son mari Keith Urban), devait la refaire briller dans la galaxie des stars. Celle qui rêvait de porter un enfant depuis ses 17 ans, qui a connu une grossesse extra-utérine à 23 ans et une fausse couche à 33 ans, allait enfin pouvoir goûter au bonheur d'une maternité attendue et d'un retour au premier plan. Qu'en est-il aujourd'hui, alors que le film de Baz Luhrmann — le plus cher de l'histoire du cinéma australien avec 100 millions de dollars de budget — est sorti à peu près partout ?
Le magazine Paris-Match, en kiosque aujourd'hui, revient sur ce come-back qui a plus une odeur de pétard mouillé en forme de fin de carrière, que le retour en grande pompe qui aurait dû définitivement asseoir Nicole au rayon des vedettes hollywoodiennes immortelles.
Condensé des critiques parues aux quatre coins du monde : Nicole Kidman est mauvaise dans Australia ! Le mensuel Les Inrockuptibles lui met même un pied dans la tombe en écrivant : "Celle qui fut la plus grande star des années 2000" nous revient dans "une bluette à grand spectacle" destiné à l'échec. Le prestigieux quotidien britannique Times ne mâche pas ses mots non plus : "Elle ne sait pas jouer. Une fois de plus, elle traverse son film comme une poupée de porcelaine égarée, figée, à l'air ahuri, fixant la caméra avec ses yeux bleus qui disent : "Oh, mince alors, regardez comme je suis intéressante..." Savoir se déplacer comme un topmodel ne fait pas une actrice. Il faut autre chose. De l'émotion par exemple". No comment...
Il faut dire qu'il est loin le temps où la belle blonde faisait rêver les femmes et fantasmer les hommes. Loin le temps des Eyes Wide Shut ou Les Autres, qui faisaient d'elle la réincarnation même de la beauté hitchcockienne. Aujourd'hui, la comédienne semble porter un masque monoexpressif, complètement irréel, ravagé par les progrès d'une médecine qui promet la beauté éternelle à celles et ceux qui la pratiquent. Même si l'actrice se défend d'avoir eu recours au Botox and Co, son visage en gros plan, la rigidité de ses deux grands yeux bleus autrefois tellement enivrants, ne laissent aucun doute quant à ses pratiques.
Alors quoi de neuf sur la planète Kidman ? Rien de bien rose. Elle ne peut même plus compter sur son rôle d'égérie Chanel, pour la fameuse fragrance N°5, puisqu'elle cédera sa couronne prochainement à l'actrice française Audrey Tautou, qui incarnera d'ailleurs Coco au cinéma, devant la caméra d'Anne Fontaine.
Il ne lui reste donc plus que sa charmante Sunday, âgée aujourd'hui de six mois. La double blessure concernant ses deux enfants adoptés (Connor, 13 ans, et Isabella, 16 ans) scientologues tous les deux, qui vivent avec leur père — Tom Cruise — semble la faire toujours souffrir, aussi se donne-t-elle totalement à ce qui lui reste, à ce qu'elle a aujourd'hui — son joli bébé —, à qui elle a donné le nom du jour du Seigneur, elle, la catholique affichée touchée par la grâce.
Nicole Kidman et Keith Urban ont l'air de deux ombres solitaires, absentes, immatérielles, qui sont devenues inséparables et qui sont dorénavant soudées à vie grâce à la petite Sunday. Leur intimité est désormais un refuge inviolable. Et ils donnent tout ce qu'ils ont à leur fille : "Je suis entrée dans les Ordres. Ma déesse, c'est Sunday", a-t-elle récemment déclaré.
Sous ce masque inexpressif, bat donc un coeur immense. Immense et frustré par des années passées avec l'ombre de la scientologie au-dessus de la tête. Comme privée d'amour et de sentiments. Une femme à vif qui ne cherche aujourd'hui qu'à rattrapper le temps perdu et à vivre paisiblement dans l'univers et le confort rassurant qu'elle a su se créer.
Retrouvera-t-elle la grâce dont elle a su faire preuve par le passé, dans son jeu, dans ses choix cinématographiques ? Ou au contraire, a-t-elle définitivement lâché l'affaire, ne voulant plus être la star qu'elle a été et ne voulant se consacrer qu'à ses proches ?
L'avenir nous le dira, mais avec des films à venir comme Nine (voir les photos) et The Danish Girl (avec Charlize Theron), qui sont les prochains projets auxquels Nicole est associée, la belle blonde retrouvera peut-être la grâce et les sommets auxquels elle nous avait habitués.
Nous, on ressent encore cette lueur au fond de ses yeux. Nous, on y croit dur comme fer !
Mathieu Lecerf
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