Ce matin, la presse est unanime. Duroux est le meilleur recrutement qu'ait fait TF1 depuis des lustres (pardon à ceux qui viennent d'être recrutés). En effet, il est l'homme qui a refait de RTL la première station. Le Parisien le qualifie même de "sauveur de RTL". Arrivé en 2005 à la station de la rue Bayard, il lui aura fallu moins de quatre ans pour mener sa mission à bien.
Mais le CV d'Axel Duroux n'a pas commencé en 2005. Avant cela, particulièrement entre 2000 et 2004, il était vice-président d'Endemol France. Il était en effet le numéro trois du groupe derrière messieurs Arthur et Stéphane Courbit.
Pourtant, le 20 juin 2004, Duroux est remercié. "J'ai reçu ce matin ma lettre de licenciement et je vais quitter dans quelques minutes définitivement mon bureau. (...) A quatre mois de l'échéance de mon plan de stock-options, je trouve ce procédé malhonnête. Et je ne resterai pas sans réaction", avait-il alors expliqué par mail aux salariés d'Endemol.
Et sa réaction n'avait pas tardé. Il avait porté l'affaire devant les prud'hommes. En février dernier, la Cour de cassation avait confirmé le jugement rendu par la Cour d'appel, condamnant Endemol France à lui verser 12 millions d'euros. En première instance, le Conseil des prud'hommes, qui avait reconnu le licenciement sans motif réel, n'avait condamné la société de production qu'à 1,1 million d'euros d'indemnités. L'appel avait donc été une (très) mauvaise opération pour la société de production.
Le vilain canard, chassé par la direction d'Endemol France, devient aujourd'hui un des décideurs les plus importants... de TF1. La chaîne, entre autre, de la télé-réalité ! Donc Endemol se retrouvera face à ce que l'on peut appeler "un caillou dans sa chaussure" ! Un "caillou" riche... et puissant.
Grand professionnel, Duroux ne devrait pourtant rien faire contre ceux qui n'ont pas été corrects. D'abord parce qu'avec 12 millions d'euros, on peut considérer que l'affaire est classée, son honneur est lavé, son travail reconnu et que in fine, c'est toujours Nonce Paolini qui aura le dernier mot. Il le "secondera dans ses missions et dans toutes ses responsibilités sociales, stratégiques et opérationnelles", a annoncé la chaîne.
Un proverbe dit "Quand tu montes à l'échelle, souris à tous ceux que tu dépasses, car tu croiseras les mêmes en redescendant"... Ce proverbe doit sonner très juste dans la tête de certains en ce moment. Nonce Paolini a d'ailleurs précisé au sujet du contentieux qui a opposé Axel Duroux à Endemol "Ce n'est pas le passé qui m'interesse, c'est l'avenir. On ne vient pas dans une entreprise pour régler ses comptes". Pour les premières rencontres avec la direction d'Endemol France quand il faudra rediscuter les nouveaux contrats, on adorerait être une petite souris... voire une puce !
Lors d'un point presse, Nonce Paolini a annoncé "L'entreprise est en mouvement". Il était temps. Il faut reconnaître que le rachat fin mai des deux chaînes de la TNT gratuite d'AB Groupe, NT1 et surtout TMC avait déjà amorcé... ce mouvement. Même si TF1 reste la chaîne la plus regardée, ses audiences ont été en s'effritant n'atteignant que 25,5% en mai. Les recettes publicitaires (l'arrêt de la pub sur France Télévisions n'a rien apporté à TF1 !) ont chuté de près de 14% depuis janvier et ce n'est peut-être pas fini...
Nonce Paolini a déjà lancé une campagne publicitaire (pour la première fois depuis 12 ans) c'est dire si l'heure était grave.
L'arrivée d'Axel Duroux est forcément une bonne nouvelle pour la direction de TF1. D'ailleurs, l'action en bourse, dés l'annonce de son arrivée avait remonté hier de 2,17% et a gagné 3,38% ce matin. Rappelons que cette action TF1 avait perdu plus de 45% en un an !
Axel Duroux aura tout l'été pour plancher sur la question. Il sera déjà en pays de connaissance avec la patronne du JT, Laurence Ferrari, qui avait travaillé sur RTL de 2006 à 2008.
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