Le jeune homme était jugé pour une affaire remontant au 16 avril 2006. Ce jour-là Kouissi, ex-basketteur de bon niveau et animateur jeunesse de la ville de Pantin, sans casier judiciaire, se heurte à Mustapha, 29 ans, une vieille connaissance de quartier auquel il aurait prêté 1000 €.
Mustapha, père de deux enfants en bas âge, l'aurait paralysé avec un Tazer. Moussa serait alors rentré chez lui et se serait emparé d'un pistolet 11,43, acheté quelques jours auparavant afin de se protéger. En effet, une semaine plus tôt, dans la nuit du 9 au 10 avril, l'appartement de Moussa est cambriolé, alors que lui et la chanteuse Amel étaient présents, mais n'ont rien entendu, ils dormaient. Le portable de la jeune fille, son sac de voyage de valeur et quelques bijoux ont été dérobés.
Ce 16 avril, la seconde dispute dégénère et Moussa braque son arme à feu. Aujourd'hui, il a expliqué : "Il a fait un geste pour saisir son arme (...) j'ai tiré par panique".
Trois coups de feu partent. Deux d'entre eux touchent la victime, dont une lui sera fatale.
Amel Bent n'était pas présente aux moment des faits, elle était en vacances au Maroc. Elle sera entendue comme témoin dans cette affaire par le juge d'instruction. Elle ne devrait pas être présente au cours de ce procès, ce qui veut dire que ni la partie civile représentant Mustapha, ni la défense de Moussa n'ont jugé nécessaire et utile de la faire témoigner.
Moussa comparaissait aujourd'hui avec son neveu, Mehdi Guechtoum, 25 ans, libre après avoir été incarcéré plusieurs mois dans cette affaire. Il est accusé - il accompagnait Moussa le jour du crime - d'avoir porté des coups de pied à la tête de Mustapha, alors qu'il agonisait au sol. Il est jugé pour des faits qui ont été correctionnalisés de "violence en réunion".
Responsable de ce drame : la mystérieuse dette. Si Moussa affirme avoir voulu récupérer ses 1000 €, provenant de la vente d'un scooter (dont l'existence n'a pu être prouvée), la veuve de la victime affirme que c'est en fait 40 000 € qui auraient été prêtés à son mari par Moussa à sa sortie de prison, où il avait été incarcéré dans une affaire de stupéfiants.
La veuve déclare : Moussa "pensait que mon mari aurait pu reprendre des activités de trafic pour le rembourser" mais "il s'était vraiment rangé" et "on ne pouvait pas le rembourser", rapporte l'AFP. Elle reproche à Moussa de salir son mari "pour défendre sa peau".
Il est certain qu'on peut s'interrroger sur l'origine des fonds prêtés si la version de la veuve est exacte. En effet, comment le jeune Moussa aurait-il pu avoir une telle somme, et s'en démunir... pour un ami sortant de prison ? Etait-il alors impliqué dans le trafic reproché à Moustapha, et les 40.000 euros pourraient alors être le prix du silence de la victime, qui avait assumé seul sa détention pour trafic de stupéfiants....
Il y a une grande différence entre 1000 euros et 40.000 euros, et la colére n'est pas la même. C'est ce que le tribunal et les jurés de la cour d'assises devront décider, en essayant de déméler le faux du vrai. De choisir entre la version de la famille de la victime et celle de Moussa qui s'est présenté devant ses juges le crâne rasé et le visage émacié.
Il est certain que le profil de Moussa est celui d'un "bon" garçon par rapport à celui de Mustapha...
Après une suspension d'audience, la soeur de Moussa et la mère de Mehdi le cousin de l'accusé, ont fait état de menaces proférées au tribunal par un proche de la victime, ce qui a plongé le procès dans une ambiance électrique.
Le verdict sera rendu demain soir.
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