En décidant de finalement reconduire à l'antenne, avec un budget amputé de moitié, les jeux du cirque estivaux d'Intervilles, France Télévisions a fait fonction de... sévice public. C'est en tout cas ce qui ressort des réactions pour le moins véhémentes de certains candidats de ce cru 2009, qui déplorent amèrement dans les colonnes du quotidien Aujourd'hui en France : "On s'attendait à plus de respect pour des candidats bénévoles. Le côté spectacle familial n'est pas derrière la caméra, c'est dommage." Malgré ce constat, Anne-Sophie Roquette, figure bien connue de l'agglomération lilloise (capitaine de l'équipe nordiste pour Intervilles, elle est la speakerine du LOSC) tempère : "Ça reste une aventure humaine exceptionnelle, très mal organisée cette année".
Mais bien des candidats n'ont pas cette lucidité logistique... Une aventure ? Une épopée éreintante, plutôt. Humaine ? "On était de la viande à boucherie", s'agace une membre de son équipe...
Aujourd'hui en France revient particulièrement sur une calamiteuse soirée d'enregistrement, la première de la saison, à Amnéville-les-Thermes (Moselle), le 21 juin dernier : "Ce jour-là, sous la pluie, quatre équipes erraient dans le décor en plein air : Lillois et Marseillais, convoqués pour une ultime répétition finalement annulée sans qu'ils en aient été prévenus, pour laisser place aux équipes de Courchevel et Pornic, fraîchement arrivées, dont le duel devait être enregistré le lendemain soir."
Des heures de route, des règles changées au dernier moment, des conditions désastreuses, et de malencontreuses péripéties qui ont laissé des traces, comme celle de Marcel, piétiné par une vachette : "Il a eu trois côtes cassées, il ne pouvait toujours pas dormir sur l'épaule droite et avait les jambes violettes quinze jours après. Personne de la production n'a appelé". Même les vainqueurs jettent l'éponge, assurant : "On ne reviendra jamais !"
Un fiasco en grande partie lié à la réduction du budget au prix de laquelle le divertissement créé en 1962 et popularisé par Guy Lux, Simone Garnier, Léon Zitrone et Claude Savarit a pu connaître un nouvel été à l'écran. La coupe budgétaire a eu pour effet immédiat la fin du direct et des tournages centralisés, sur un même lieu et en une dizaine de tournages. Yves Launoy, producteur historique du programme, ne peut nier l'évidence, et admet : "Marseille et Lille ont essuyé les plâtres. Au-delà, c'est vrai que ça a été difficile. On va réviser notre copie l'an prochain, rajouter deux ou trois jours de tournage pour que les équipes puissent mieux se préparer. Le budget a été réduit de 50% [Alain Vautier, directeur des programmes de France 3, avait officiellement annoncé une réduction de 30%..., NDLR], la chaîne s'est décidée très tard, on a dû tourner très vite..."
Mercredi dernier, Intervilles a passé la barre cruciale des 14% d'audience - objectif annoncé par la chaîne -, porté par son succès certain auprès des plus jeunes. La bonne humeur gauloise de Philippe Candeloro, Nelson Monfort, Nathalie Simon et de l'arbitre Olivier Alleman l'emporte sur les grimaces en coulisses. Mais les potentiels compétiteurs des éventuelles éditions à venir (Intervilles 2010 et Interneiges) savent à quoi s'en tenir : ils risquent de souffrir !
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