Dandy poétique, personnage à la voix caverneuse mais léger comme l'air d'une mélodie imparable, Leonard Cohen, 74 ans, fait un sensationnel retour sur scène et s'est installé pour trois dates (jusqu'à demain soir) à l'Olympia de Paris, après avoir fait le bonheur, l'été dernier, des Nuits de Fourvière lyonnaises et du Nice Jazz Festival.
Un retour aux affaires mu par de sérieuses difficultés financières, qu'il doit à son ancienne manageuse Kelley Lynch (qui est partie avec ses économies d'une vie de travail !), et dont il a au moins l'élégance de ne pas se cacher : "J'espère que malgré les prix gonflés des billets vous ne serez pas déçus", avait-il lancé à une foule tout acquise à sa cause, en préambule d'un concert donné en juin dans sa ville natale, Montréal.
Celui qui a inspiré une longue génération d'auteurs-compositeurs-interprètes, et dont le site officiel recense depuis quelques jours plus de 1 600 reprises (parmi lesquelles on retiendra par exemple celles de Nick Cave and the Bad Seeds ou le mythique et mystique Hallelujah revisité par Jeff Buckley, ainsi que le hit Suzanne qu'Alain Bashung reprend audacieusement sur son dernier album) renoue avec des générations de fans après quinze ans d'absence. A Paris, malgré un prix unitaire compris entre 95 et 161 euros, les trois concerts sont déjà archi complets. Un retour à Bercy au printemps prochain est à envisager.
On ne souhaite pas que ses difficultés perdurent, mais on ne souhaite pas non plus qu'il retourne à son ermitage sitôt les caisses renflouées : tout ce qu'on espère, c'est que cet artiste d'une autre galaxie continue à faire ce qu'il fait comme aucun autre.
G.J.
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