Les balles sifflent aux oreilles de Nelson Monfort, et ce ne sont pas seulement celles, surpuissantes, des athlètes de l'ATP... L'intervieweur polyglotte star est dans la ligne de mire de ses collègues ainsi que de la direction du tournoi de Roland-Garros, après un début de quinzaine émaillé par des initiatives... curieuses.
Parmi les spectateurs et téléspectateurs du tremblement de terre occasionné par la défaite prématurée de Rafael Nadal, certains auront peut-être été troublés par la sortie du quadruple tenant du titre : on a vu l'Espagnol, la mine sombre, quitter le Central agacé sans s'arrêter auprès de señor Nelson, posté là dans la plus grande confusion alors que le vainqueur de la rencontre, le Sudéois Robin Söderling, n'avait pas encore signé l'objectif de la caméra. Or, cette formalité rituelle, outre le folklore "autographique", marque la fin du signal international fourni aux télévisions étrangères. Et l'ami Nelson, pressé d'interroger le numéro un mondial, est entré sur le court trop tôt, comme le rapporte aujourd'hui le journal L'Equipe.
"Je ne vais quand même pas le blâmer d'avoir tenté d'interviewer Nadal !", a réagi Daniel Bilalian, patron des sports de France Télévisions. "Je lui ai juste dit de faire attention au protocole". Du côté des organisateurs des Internationaux de France, on assure que "ça s'est aplani depuis". Mais on ne manque pas de faire remarquer que Nelson est "ingérable".
Mais c'est surtout de la part de ses confrères du service public que l'ami Nelson en prend pour son grade. Ce qui fait tout particulièrement jaser, pour ne pas écrire hurler hystériquement, c'est sa récente interview, sur le plateau du Tennis Club animé sur France 4 par Cyril Hanouna, de... Mickey Mouse ! Une dizaine de jours après avoir joué le jeu à Disneyland Paris en commentant bénévolement une rencontre entre Gaël Monfils et la souris emblématique de Disney, au profit de l'association Fête le mur, Nelson Monfort a... comblé un trou dans le planning d'interviews en sollicitant son ami aux grandes oreilles (qui doivent siffler encore plus). Retoquée par Laurent Luyat peu avant (avec un cinglant "On n'est pas des Mickey justement"), à qui on l'avait proposée pour sa terrasse à Roland, la souris a saisi l'occase. "Il y a eu un trou dans le planning des invités de l'émission, il a fallu trouver quelqu'un à la dernière minute, j'ai pensé à ce personnage qui plaît aux enfants et qui venait parler d'une association de bienfaisance", explique Monfort.
Stupeur du côté de la SDJ (Société des Journalistes), scandalisée : "quel sera le prochain invité... ? Ronald McDonald, sans doute", s'insurge-t-elle dans une note interne dénonçant le "laisser-aller éditorial".
Le cas est à l'étude.
G.J.
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