Hier, vers 15 heures, devant un parterre de journalistes qui attendaient sa présentation officielle, Lilian Thuram, le défenseur et international le plus capé de l'Equipe de France de football, a semé la stupéfaction en annonçant qu'il ne jouerait probablement pas au PSG en raison d'une malformation cardiaque.
"Si je suis là aujourd'hui, a-t-il annoncé avec franchise, ce n'est malheureusement pas pour signer mon contrat au PSG. J'ai passé hier (jeudi 26) les tests médicaux et le cardiologue a détecté une certaine malformation au niveau cardiaque. La même maladie que mon frère a eue il y a quelques années et qui lui a coûté la vie sur un terrain de basket. Ça peut paraître assez incroyable mais après discussion avec le cardiologue, qui préfère faire des analyses plus longues, il semblerait que d'ici un mois, nous aurons les résultats définitifs de ces analyses."
Malgré le suivi médical assidu dont font l'objet tous les sportifs de haut niveau, et en dépit de ses antécédents familiaux, cette malformation n'avait pas été décelée, ni par son staff barcelonais, ni par celui des Bleus, chez Lilian. Lors du décès de son frère en 1994, on lui demande de passer des examens, qui le révèlent apte à jouer alors que de nombreux membres de sa famille en sont atteints : "ma maman a cette maladie, mon frère en est décédé il y a quelques années et j'ai une sœur et un autre frère qui en souffrent aussi", déclare-t-il. Il écrivait d'ailleurs, dans son autobiographie : "Mon frère Antonio est décédé d'une malformation cardiaque qui n'avait pas été décelée. On a demandé à l'ensemble de la famille de passer des examens. Nous sommes deux à échapper à cette déficience, et c'est ainsi que j'ai pu poursuivre ma carrière de footballeur. La vie est le fruit de beaucoup de hasards, parfois ils vous détruisent et parfois ils vous épargnent."
Charles Villeneuve et le PSG sont prêts à attendre le verdict final des médecins, et considèrent déjà le joueur comme l'un des leurs. Mais s'il devait y avoir le moindre risque, Thuram ne voudra pas le prendre, bien que le coup soit dur à encaisser, même du haut de ses 36 ans : "Mettez vous à ma place : vous entrez à l'hôpital, vous êtes joueur de foot, et vous ressortez et ne pouvez plus jouer au foot, c'est quelque chose d'extrêmement difficile. Et si je suis réellement malade, bien sûr je ne peux plus jouer au foot, mais j'ai un problème au cœur avéré. Donc ce n'est pas facile".
L'attente commence...
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