Réactualisation du 7 mai 13h50 : Le Figaro de ce jour assure qu'une expertise déclare Liliane Bettencourt "lucide". Dans cette annoncé faite en exclusivité dès hier soir sur le site internet lefigaro.fr, le journaliste Cyrille Louis écrit qu'un neuropsychiatre a récemment examiné l'actionnaire principale de l'Oréal et la femme la plus riche de France, âgée de 86 ans, et affirme qu'elle dispose de son entier discernement.
En effet, "daté du 19 février 2009, ce rapport d'expertise médico-psychologique" a été établi à la demande de la milliardaire, "par un neuropsychiatre parisien agréé par les tribunaux en matière de tutelle et de curatelle", et le quotidien ajoute "Long de sept pages et reproduisant en annexe les différents exercices de mémoire et de calcul auxquelles Liliane Bettencourt s'est soumise pour l'occasion". La conclusion est sans appel "Madame Bettencourt n'est pas soumise à une situation d'abus de faiblesse".
Pourtant, le procureur Philippe Courroye ne se satisfait pas de cette expertise ! Le Figaro explique que dans un courrier adressé en fin de semaine dernière, il invite la milliardaire (sans pouvoir l'y contraindre...) à se soumettre à une expertise judiciaire. Encore ? Monsieur Courroye concède cependant (merci...) de la faire examiner par deux experts, l'un choisi par la patiente (qui reprendrait le même sans doute ?), l'autre par le magistrat instructeur.
D'où vient ce qui commence à ressembler à de l'acharnement à l'encontre de Madame Bettencourt ? Il faut rappeler que sa fille lui "reproche" d'avoir fait de nombreux cadeaux à François-Marie Banier, durant les années 1990 et 2000, soit il y a 9 ans, en étant dans un état de faiblesse. Or ce neuropsychiatre qui vient d'examiner la milliardaire l'avait déjà vue, il y a six ans, en 2003, et conclut son rapport de février 2009 par " Liliane Bettencourt a un état neuropsychique et physique stable par rapport à 2003"
Comment, de surcroit, les nouveaux experts que souhaite nommer Mr Courroye, pourraient-ils déterminer de l'éventuel état de "faiblesse" de madame Bettencourt il y a... 9 ans, date des donations ?
En tout cas, comme nous l'expliquions ci-dessous, elle avait toute sa tête le 16 avril dernier pour voter le nouveau mandat d'administrateur de sa fille lors de l'assemblée générale de l'Oréal ! Même si L'Oréal passe avant tout, quelle classe cette madame Bettencourt !
A 86 ans, Liliane Bettencourt semble plutôt pétillante, et l'on a peine à croire que l'on puisse abuser de sa faiblesse. Et pourtant, comme nous l'avons déjà évoqué, la femme la plus riche de France, héritière de l'empire L'Oréal, est impliquée dans un imbroglio juridique à la suite d'une plainte contre X déposée, fin 2007 par sa propre fille, Françoise Bettencourt-Meyers. Cette dernière s'était alors émue du fait que sa maman avait offert de l'argent, des assurances-vie et des oeuvres d'art à un de ses meilleurs amis, le photographe François-Marie Banier. Le montant avoisinerait le milliard d'euros...
Bien sûr, Madame Bettencourt ne se laisse pas faire. D'abord, elle proteste de sa bonne santé mentale et, d'ailleurs, une première expertise psychiatrique, faîte à sa demande, n'a rien décelé de particulier. Du coup, la justice exige une contre-expertise, qui devrait être menée par le même medecin plus deux autres.
Pourtant, point n'est besoin de rassembler tant d'experts : il suffit de lire la presse économique pour voir que Madame Bettencourt sait parfaitement ce qu'elle fait.
Le 16 avril dernier, rapporte l'hebdo économique Challenges, se tenait l'assemblée générale de L'Oréal. Ce jour-là, une résolution de la première importance devait être prise: nommer Françoise Bettencourt-Meyers pour un nouveau mandat d'administrateur. Un vote dont le résultat peut basculer très facilement dans la mesure où "Liliane Bettencourt, qui ne veut plus voir sa fille, dispose toujours de plus de 30 % des droits de vote".
En fait, la résolution est adoptée avec 98,8 % des voix. On applaudit Françoise, mais, comme le remarque Challenges, c'est surtout Liliane Bettencourt qu'il aurait fallu acclamer, car, "comme toujours, elle a fait passer les intérêts de L'Oréal avant tout"
Challenges, qui a enquêté dans le premier cercle de Liliane Bettencourt, a recueilli des avis assez divergents. On décrit tantôt une femme en pleine possession de ses moyens, tantôt une dame âgée un peu dure d'oreille, incapable de se concentrer longtemps. Mais le journaliste du JDD qui l'a rencontrée en décembre dernier évoque, lui, "une grande dame lucide, vive, intelligente, drôle".
A priori, l'héritage proprement dit de Françoise Bettencourt-Meyers n'est pas en cause. Liliane Bettencourt à donné toute sa participation dans L'Oréal (soit 30,8%) en nue-propriété à sa fille, ne conservant que l'usufruit. Cependant, précise Challenges, "Liliane Bettencourt dispose toujours de 1,26% en pleine propriété". Il semblerait que l'inquiétude de la famille vienne du fait que si Banier récupérait ce pourcentage, la famille ne serait plus majoritaire. Cette "toute petite ligne pourrait faire une grosse différence", souligne Challenges, car cela permettrait à Nestlé de devenir l'actionnaire majoritaire. Et, toujours selon Challenges, François-Marie Banier "a déjà évoqué son arrivé au conseil d'administration de L'Oréal".
Ce pourrait être ce réflexe "familial" qui expliquerait la volonté de la fille de Liliane Bettencourt de placer sa mère sous tutelle.
Quoi qu'il en soit, Madame Bettencourt ne sera pas tenue d'accepter l'expertise médicale collégiale. En attendant, l'affaire prend le tournure d'une formidable saga familiale.
De beaux livres et un grand film en perspective...
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