Après l'incendie d'une dizaine de véhicules sur le parking du stade de la cité des Bosquets, à Montfermeil (93), dans la nuit de dimanche à lundi, les habitants du quartier ont vu débarquer au petit matin leur maire Xavier Lemoine, en émissaire du producteur Luc Besson. Bad news. Celui-ci était venu annoncer que le tournage du film de Pierre Morel, From Paris with love, dont John Travolta et Jonathan Rhys Meyers sont censés tenir le haut de l'affiche et produit par la société EuropaCorp de Luc Besson, était annulé, du moins dans ladite cité...
"Reporté, pas abandonné pour le moment", a précisé un représentant de la maison de production. Annulé, affirme la mairie. Annulé… pour Montfermeil, en fait. Le film se fera, mais ce sera ailleurs, où les conditions de sécurité seront jugées plus satisfaisantes, affirme t-on chez EuropaCorp...
John Travolta, qui est arrivé à Paris depuis quelques jours avec sa famille — dans un endroit tenu secret par la production —, aurait dû commencer à tourner cette semaine. Il paraît impossible que Luc Besson maintienne l'acteur en France, sans tourner, pendant encore longtemps...
En tout cas, pour Montfermeil et ceux de ses résidents qui avaient été embauchés par la société pour une semaine en qualité de vigiles et de figurants, c'est râpé. "C'est une occasion perdue alors qu'on voulait que les gens tournent la page des choses qui se passent à Monfermeil", déclare une des habitantes du quartier, qui avait été embauchée en tant que cuisinière et avait déjà concocté de quoi nourrir quarante-cinq convives, pour la journée d'hier.
Contrairement à ce que la production avait déclaré, démentant formellement que les dix véhicules incendiés lui appartiennent, c'était pourtant le cas. Les voitures en question, brûlées entre deux et trois heures du matin, devaient servir pour les besoins du film, notamment pour des scènes de cascades. D'après la Sûreté départementale, chargée de l'enquête et explorant notamment l'hypothèse d'une "tentative de racket" exercée sur Luc Besson, deux des vigiles déployés par EuropaCorp "ont expliqué avoir vu quelqu'un avec de l'essence" sur le parking du stade où elles étaient stationnées.
Outre l'évolution de l'enquête, c'est maintenant l'avenir du film qui est en question.
Guillaume Joffroy avec l'AFP
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