"Je suis né au printemps 1967, alors qu'elle se remettait lentement d'une première tentative de suicide, quelques mois auparavant (...) Très vite, je suis devenu (...) l'enfant qu'elle n'a pas eu."
A 42 ans, Luigi Gigliotti, neveu de Yolanda Gigliotti alias Dalida (il est le fils de son frère aîné Orlando), a décidé de remonter le long des racines familiales et de rassembler ses souvenirs dans un livre témoignage, Mia Zia, ma tante Dalida (aux éditions Ramsay). "Dalida est mon jardin secret, explique-t-il dans les pages du magazine Point de vue. A sa demande, on m'a baptisé Luigi, comme le jeune chanteur italien Luigi Tenco qui venait de mettre fin à ses jours, et dont Dalida était très éprise."
Les bases de leur relation indiquent immédiatement le lien affectif qui ont existé entre la tante et son neveu, qu'elle a "souvent recadré, [lui] le cancre, l'éternel provocateur". "Ce livre m'a aussi permis de partir à la recherche de nos racines, de comprendre d'où vient ce fichu caractère dont avait hérité Dalida, et moi aussi dans une certaine mesure", analyse-t-il en mettant en lumière le métissage entre l'Italie, la France, et soixante ans d'histoire familiale égyptienne.
Dans son entreprise biographique, Luigi a été aidé par son oncle le producteur Orlando (Bruno Gigliotti), le cadet des trois et personnage emblématique de la jet-set : "vingt-deux ans durant, Orlando a pris soin de Dalida avec une force de travail incroyable. Lorsque j'étais enfant, il était la vraie vedette de la famille. Lorsque j'ai commencé la rédaction de ce livre, il m'a ouvert ses archives, me glissant des anecdotes."
Des anecdotes qui s'ajoutent à ses propres souvenirs de gosse : "Je me revois assis sur un strapontin à l'Olympia et l'émotion me tombe dessus comme à chaque fois que le rideau s'ouvre. Tout à coup, Dalida se met à engueuler le chef d'orchestre, coupable d'avoir laissé passer deux fausses notes. Elle, si perfectionniste, ne supporte pas l'à-peu-près au point de casser le mythe sur scène (...) Toute sa vie, elle est restée fidèle à elle-même, simple, exigeante et généreuse. Jusqu'à y perdre la vie. Dalida était la femme d'un seul homme. Lorsqu'elle aimait, rien ni personne d'autre ne comptait."
Luigi Gigliotti, Mia Zia, ma tante Dalida, éd. Ramsay, 19 euros.
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