La Maison des Secret regorge de mystères : si certains candidats sont propriétaires de sujets bien futiles (je suis bisexuelle pour Cindy, par exemple), d'autres ont un lourd passé à gérer. C'est le cas notamment d'Elisabeth et de Maija. Comme nous vous l'avions déjà raconté, Elisabeth est partie en cavale avec son petit-ami de l'époque qui était membre du gang des postiches et a été à ce titre recherchée par Interpol pendant deux ans. Un secret impressionnant... Autant que celui de la jolie canadienne Maija, de son vrai nom Marie-Noëlle Maltais. Cette jeune femme de 29 ans a survécu au terrible tsunami qui a ravagé les côtes thaïlandaises en décembre 2004. De cette expérience traumatisante, elle a voulu témoigner. C'est pourquoi elle a crée un Myspace dans lequel elle romance cette douloureuse mésaventure en français et en anglais. Récit :
"Et puis soudainement, l'autobus s'arrête au beau milieu du chemin, juste à l'endroit où la route tourne pour se mettre à longer la plage. Comme je suis en face de la porte, je lève les yeux et j'aperçois des gens qui hurlent et qui courent. En l'espace d'une fraction de seconde, une certitude m'envahit : quelque chose cloche.Tout se passe très vite, et j'ai l'intuition que je dois sortir de l'autobus immédiatement. Je saute littéralement dehors, et je me retrouve dans un chaos total. La rue est bondée de gens en état complet de panique.
À pied ou sur leurs petites motos, ils s'enfuient tous vers la rue qui est perpendiculaire à la plage en hurlant. [...] Mon sang fait trois fois le tour de mes veines et je lève les yeux en direction de la mer.
Un mur. Un monstre. Celui qui va m'emporter, m'anéantir.
Je n'avais pas prévu que ma vie allait s'arrêter aujourd'hui. La vague que je redoutais est là, à quelques mètres, et elle file droit sur moi. Elle va me tuer et je reste plantée là, hypnotisée. Je n'ai même pas le réflexe de courir. Le mur d'eau qui se déroule devant moi n'est pas une vague : c'est la mort. Mon cerveau est comme disloqué de mon corps et pourtant, une pensée lointaine se rend jusqu'à moi : j'aurais aimé mourir à Québec, la ville où je suis née. La seconde passe, celle qui, pour moi, est la dernière. Je ne bouge pas, je suis là c'est tout. [...]
En l'espace d'un instant, je me sens projetée vers l'arrière avec force.
Je me cogne la figure sur une surface métallique, et je sens mes poignets se tordre à l'impact. Je ne comprends pas ce qui m'arrive, ni où j'ai atterri.
Je suis dans la boîte ouverte d'un gros 4x4 rempli de bobines de fils métalliques. Je regarde vers la mer, et je vois l'homme qui m'a jeté sur le camion en marche. Je comprends. Les bras, ce sont ses bras. Ma chute, c'est mon billet pour avoir une chance de survivre. [...] Il m'a lancée dans le coffre du camion comme il a pu. J'imagine que j'étais la seule personne assez immobile pour être prise par derrière et lancée de la sorte. Je ne bougeais pas, et c'est ce qui a changé le cours de ma vie.
[...] Il a pensé à sauver ma peau, pas la sienne. Je ne comprends pas. C'est peut-être une erreur, il a dû vouloir me tasser de son chemin et je me suis retrouvé sur le camion par hasard. Je ne saisis pas tout à fait ce qui est arrivé.
La vieille voiture fait un bruit infernal. Nous roulons toujours, et malgré tout, l'eau se rapproche dangereusement. Bien vite je sens la mer me fouetter de plein fouet. Une autre fois je me dis que je vais mourir. Je ne sais plus où je suis, je ne me rappelle plus ce que je
fais ni comment j'ai atterri ici. Je suis dans l'eau et je glisse, comme Alice dans le trou du lapin. Je ne sais plus si je respire ou pas, et avant même d'avoir eu le temps de me poser la question je me râpe la face sur du béton.
La mer m'a régurgité. Complètement sonnée, je lève les yeux et je vois le soleil. J'ai eu la chance d'avoir été vis à vis la route, et de ne pas me fracasser sur quelque chose
pendant ma glissade.
Devant moi se déroule le pire spectacle de ma vie : une marée brune qui s'enfuit, une marrée de corps disloqués, de débris de bois, de tôle, d'arbres arrachés. Une marée qui pue la mort. Les gens autour qui sont encore en vie continuent à courir pour s'éloigner de la côte.
Moi je suis vidée de ma substance. Je suis une loque humaine qui a perdu sa capacité de raisonner. Je ne m'enfuis pas. Je fixe les gens qui vivent encore, bien qu'amochés, et qui s'en vont avec le ressac.
Je ne peux pas les attraper, ils s'échappent à toute vitesse. L'eau court jusqu'à disparaître presque, comme une meurtrière qui n'ose pas rester sur les lieux du crime..."
Une sacrée leçon de vie qu'elle pourra enseigner à ses acolytes de la Maison... si le public lui en laisse une chance. Alors toutes les petites magouilles et les propos au ras de la casquette de certaines et certains, comme cela doit lui paraître dérisoire... Car rappelons qu'elle est nominée cette semaine face à Sabrina et Nicolas (qui est nominé d'office pour avoir remis en question l'intégrité de la Voix pendant les nominations des filles).
C'est tout... pour le moment.
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