Manu Chao a-t-il enfreint l'article 33 de la Constitution mexicaine, qui stipule que "les étrangers ne peuvent en aucune manière s'immiscer dans les affaires politiques du pays" ? C'est la question sur laquelle se penchent en ce moment les autorités locales, après des propos jugés déplacés de la part du chanteur franco-espagnol.
Alors qu'il poursuit sa tournée en Amérique Centrale et en Amérique du Sud, l'auteur de La Radiolina s'est exprimé, lors d'une récente conférence de presse, sur l'intervention effectuée le 4 mai 2006 par 2 000 policiers anti-émeutes à San Salvador Atenco, dans la banlieue de Mexico : les forces de l'ordre, en voulant libérer 11 agents sequestrés par les villageois, avaient été au coeur d'une bataille rangée au cours de laquelle deux personnes avaient trouvé la mort. Deux cents interpellations avaient eu lieu. Par la suite, un certain nombre d'exactions (brutalités et agressions sexuelles) avaient été dénoncées.
"Ce qui s'est passé à Atenco, d'une certaine façon, est un terrorisme d'Etat, a avancé l'artiste. Les autorités disent : "Que personne ne dise quoi que ce soit quand nous viendrons prendre les terres, parce que, attention, il va vous arriver la même chose que ce qui s'est passé à Atenco"."
Les autorités mexicaines mènent leur enquête sur la teneur des propos de Manu Chao et les circonstances dans lesquelles ils ont été prononcés. Ce n'est qu'ensuite qu'une éventuelle sanction sera envisagée : l'article 33 octroye à l'Etat mexicain "le pouvoir exclusif de faire quitter le territoire national" à tout contrevenant.
En attendant, Manu Chao, qui participait au Festival International du Film de Guadalajara, a annulé "pour des raisons privées" le concert qu'il devait donner après la projection du documentaire LT22 Radio La Colifata, dont il a composé la musique.



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