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Maxim Nucci a tout changé et signe un come-back remarquable avec Yodelice !

Clown triste, clochard céleste (une mode prolifique, également représentée par le hobo en chef Charlie Winston), griot d'outre-tombe. Pour son premier album, publié récemment sous le nom de Yodelice, Maxim Nucci prend les airs d'un personnage évadé des univers de Tim Burton, Samuel Beckett et Louis-Ferdinand Céline.

Silhouette dégingandée, ombre cabossée, posture d'éreinté, d'amoché, de blasé dans un décor crépusculaire dévasté... Et pourtant : ce spectre et sa guitare-tête de mort ont désormais à défendre un album profus de... vitalité. Quête de l'essentiel, de l'essence, guerre savante et tripale contre le superflu : voilà la précieuse qualité qui scelle et fait la sève de cet excellent Tree of life, réalisation spleenétique mais jubilatoire au possible.

Déjà, l'ex-prof de guitare du Musician Institut of London (et ex... de Jenifer) avait annoncé la couleur avec ce Sunday with a flu (et le clip signé de son ami Guillaume Canet) qui s'est répandu sur l'airplay comme la mer sur le sable un jour d'équinoxe. "The usual sunday with a flu" : l'état grippal à l'oeuvre, en substance, dans le morceau, qui renvoie analogiquement à l'isolement de Maxim Nucci lors de sa période créatrice, libère la constitution d'anticorps musicaux. D'où la partition entraînante du morceau, à l'effet de montage en boucle qui s'enrichit à chaque reprise : rythmique guitare soutenue par le très discret couple grosse caisse-tambourin, basse simplissime, intrusions paisibles de sifflets, claquements de mains et cuivres quasi nonchalants. Pas de coda : le clap de fin, abrupt, se rit également du superflu et laisse la ritournelle en suspens (un procédé que l'on retrouvera ailleurs sur l'album). Sur l'album, dix titres précieux, pudiques, mesurés, qui sont à l'aune de ce premier extrait.

"Je me trouvais tellement malheureux dans ce métier que je me suis dit que si je voulais faire un disque, il fallait que je sorte de moi ma part la plus sincère, a expliqué son auteur. Chez moi, la sincérité passe par des sons, des mots, des thèmes anglophones. Bizarrement, il y a un côté plus naturel et même plus personnel dans l'anglais, qui n'est pas ma première langue. Mais c'est vraiment ma culture, très marquée par la musique anglo-saxonne. Je ne me suis pas posé la question de savoir si d'autres gens faisaient le même chemin au même moment, ou si j'avais envie de conquérir le monde. J'avais juste l'envie de faire un disque dont je serai fier et que j'aurai envie de jouer sur scène."

D'où son ermitage nécessaire à la Casa Yodelice, qui a laissé son nom (dénué de sens) au projet. Le personnage de Yodelice naîtra peu à peu, fruit d'un cheminement initiatique intérieur que rejoindront des collaborateurs essentiels : la comédienne et dramaturge franco-canadienne Marianne Groves, le réalisateur et metteur en scène Bastien Duval, le luthier Danny Farrington (celui de Keith Richards et George Harrison) qui lui crée son instrument lugubre. Les artworks crayonnés, aux ombres étirées et désolées à la façon de L'Etrange Noël de Monsieur Jack, sont les témoins de cette naissance cristallisée dans la larme du personnage - à la fois désolation et sève vitale.

Et malgré tout, malgré les conditions de sa genèse, malgré son harmonie mélancolique, Tree of life mérite son titre, jouant de sa dualité noirceur/arbre de vie : et pas seulement dans la revendication du ruisseau (l'eau de la vie et de la fertilité) qui parcourt en fond sonore la litanie ("I can't live") Noise, soutenue par des arpèges qui, pour autant qu'ils sont prononcés par une guitare, auraient tout aussi bien pu provenir d'une harpe élégiaque. Emergency clame également cette urgence de vivre ("Life is short, I want it now") et s'invente des ailes ("Give me a rainbow and I will take you to the sky (...) And we'll dance in the face of life"). Juste avant, Cloud nine explosait au coeur de l'album avec son ambiance de banda inattendue.

Outre le talent de mélodiste de Maxim Nucci, qui offre des airs aussi catchy que subtils (presque anodins de naturel), on ne peut que saluer la retenue vocale qui tisse l'écorce du Tree of life : une voix à vif mais pas bruyante, apparemment fragile mais implacable à force d'avoir vécu (très proche du JJ Cale de Former me ou Strange Days, pour ceux qui auront écouté son nouvel album, Roll on). Le tout servi par une instrumentation, elle aussi, étudiée, mesurée, feutrée, qui fait la part belle au couple guitare-grosse caisse (par exemple sur ce Free à la rythmique reggae/roots). Le morceau d'ouverture, Insanity, en atteste : une entrée en matière intimiste, à la guitare acoustique (très Hugh Coltman-like), que rejoint pour la première fois d'une longue série le violoncelle du complice Sébastien Grandgambe, avant un final piano-guitare-cordes frottées très Muse-esque. Un velours qu'on admirera encore sur Alone (gouttes de piano, percussions feutrées), dans les choeurs de The Other Side, ou dans la pesanteur éthérée et majestueuse de Safe & Scared.

Tree of Life, de Yodelice (au printemps de Bourges dans quelques heures, et en résidence au Théâtre Marigny au mois de mai) : entre freak show et medicine show, un poison doux qui contient en lui-même son elixir.

Guillaume Joffroy

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