Le clan Jackson a montré à quel point il voulait se réapproprier l'héritage de leur fils/frère décédé, et pas forcément de la façon la plus élégante. LaToya prévoit un album en hommage, quant à son père, Joe Jackson il a déjà des vues sur la carrière de ses petits-enfants et affirme - moyennant finances ? - que la chanteur a un fils caché et Jermaine fait des interventions télévisées grandiloquentes.
Comment savoir alors qui était vraiment Michael Jackson ?
Enigmatique et secret, il s'entourait de mystères comme pour se protéger. Pourtant, en 1988, quand il n'avait que 29 ans et dominait glorieusement l'univers de la musique, MJ a publié une autobiographie sous le titre de Moonwalk.
Un peu plus de vingt après, un juge américain vient désormais d'autoriser la re-publication de cet ouvrage prêt à devenir un best-seller, au grand bonheur des exécuteurs testamentaires de MJ, John Branca et John McClain. Les deux hommes ont en effet demandé récemment à ce que ce livre puisse être de nouveau dans les librairies et rapidement pour profiter du moment médiatique de sa mort.
Certes, Moonwalk va rapporter beaucoup d'argent, mais c'est également l'occasion de "donner" la parole à Michael. Le livre va être republié en France, toujours aux éditions Michael Lafon, le 13 août 2009, en édition collector et limitée. Le magazine VSD va publier des extraits de cette oeuvre dans son édition du 5 août, dont nous vous rapportons quelques extraits.
Michael Jackson révèle au fil de ses pages son côté humain afin, comme il dit "de clarifier les malentendus et les idées fausses". Il souhaitait parler de ce qu'il ressentait "avec ses mots".
Avec humilité, il reparle de son enfance. Sans faire une auto-psychanalyse, il revient sur des moments difficiles : "Quand je pense à mon enfance, je ne me souviens que du travail, même si j'adorais chanter".
L'enfance, le succès, l'amour et... la mort
Son père, Joe Jackson, est célèbre pour avoir mené de main de fer le groupe formé par ses fils, les Jackson 5. Michael révèle sans détour les sévices de cet homme : "Quand on se plantait, ou qu'on faisait les fous, il ne nous ratait pas. Les coups de ceinture pleuvaient. [...] Papa me faisait tellement mal que j'essayais de me rebiffer." Comme nous avions pu le voir lors de son interview avec Oprah Winfrey, MJ dénonce les violences de son père mais il reconnaît son talent en tant que manager.
En effet, malgré ce passé difficile, il reconnaît ce qu'a fait son père. D'ailleurs, s'il est très doux voire enfantin, il a sans doute hérité de Joe sa force et sa détermination pour le travail : "Quand on veut changer le monde, il faut d'abord se changer soi-même. [...] Je peux être obstiné et dur."
Cependant, il se détache de la tutelle de son père et en "prenant contrôle" de ses affaires en 1981. L'année d'après sort l'album le plus vendu de tous les temps : Thriller. Le disque le consacre définitivement et le hisse au niveau de légende. Le succès est aussi fulgurant que difficile à vivre. Il se confie également à ce propos. Timide, mais détendu et décontracté sur scène, la réussite entraîne pour lui la solitude.
Etre seul ne l'empêche pas d'aimer. Tatum O'Neal, Brooke Shields, présente lors de son hommage public, ont conquis son coeur mais surtout Diana Ross. La diva de la soul a été sa mère, son amante et sa soeur en même temps. Il écrit même : "J'ai toujours aimé Diana Ross et je l'aimerai toujours." Lire ces paroles sachant qu'elles viennent de Michael est émouvant. On comprend pourquoi c'est elle qu'il a choisie dans son testament pour s'occuper de ses enfants si sa mère ne peut assurer cette mission.
Débordant d'amour pour son prochain à la lecture de ce livre, il veut avoir treize enfants. Les plus jeunes sont d'ailleurs son moteur, lui qui "veut les prendre dans [ses] bras et tout faire pour qu'ils aillent mieux".
Un an avant ses 30 ans, il parle aussi de sa santé. Il nie toute les opérations de chirurgie à part celles qui ont touché son nez. De son hygiène de vie, il dit qu'elle est plus saine que celle de ceux "qui sont morts du stress et de l'alcool". Sa mort fait souffler un triste vent d'ironie...
Tout n'est pas à prendre pour argent comptant mais en lisant parfois à travers les lignes, on en sait un peu plus sur la personnalité de ce Peter Pan moderne, c'est-à -dire conscient de ses responsabilités de superstar mais qui reste furieusement ingénu.
SY
Moonwalk, aux Editions Michel Lafon, 304 pages, 21,95€
Forum :
Musique
Faire un lien vers cet article












