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News publiée Le Jeudi 19 Juin 2008 à 12:00
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Mort de Jean Delannoy, le départ pour l'éternité du maître de 'L'éternel retour'...

Photos et vidéos
Jean Delannoy reçoit un César d'honneur en 1986
Michèle Morgan remet un César d'honneur à Jean Delannoy en 1986
Jean Delannoy et Gina Lollobrigida
Jean Delannoy et Michèle Morgan

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Comme un clin d'oeil à son style cinématographique rigoureux, exigeant et son esthétisme impeccable, Jean Delannoy s'est éteint hier mercredi à l'âge de 100 ans. Un nombre accompli, rond, immense, qui résonne comme un clap de fin sans amertume. Un goût d'achevé.

Martyrisé par la Nouvelle Vague au cours des années 1950, François Truffaut en tête, tancé pour ses réalisations jugées trop froides et académiques, Jean Delannoy n'en demeure pas moins, au regard de sa filmographie, un maître à penser du septième art français du siècle passé. Sa pratique du cinéma s'avère quasi indissociable d'une âme littéraire qu'il avait par formation et par nature.

On lui doit d'ailleurs de nombreuses adaptations de grands moments de la littérature (certains Maigret de Georges Simenon, Hamlet, Manon Lescaut, La Princesse de Clèves de La Fayette, etc.). Parmi elles, son adaptation de la légende de Tristan et Iseult, scénarisée par Jean Cocteau, où Jean Marais, qui fut un temps son compagnon, tenait le rôle principal au côté de Madeleine Sologne.

C'est à ce même Jean Marais que Jean Delannoy confia un autre rôle phare de la littérature, en l'occurrence celui du Bossu (1944), et bien d'autres encore (Le prince de Clèves, Aux yeux du souvenir, Le secret de Mayerling, ...). Son adaptation de La Symphonie Pastorale d'André Gide, avec Michèle Morgan — son actrice fétiche — et Jean Desailly — qui vient lui aussi de s'éteindre —, lui valut le Grand Prix du Festival de Cannes 1946, dénomination de l'époque de l'actuelle Palme d'Or.

Jean Delannoy a fait tourner les plus grands de son temps : Tino Rossi dans Fièvres (1942), Micheline Presle, Mouloudji et Charles Dullin dans Les Jeux sont faits (1947), Gina Lollobrigida (Vénus Impériale, 1967), Anthony Quinn, Alain Cuny et Robert Hirsch dans Notre-Dame de Paris (1956), Paul Meurisse dans Le Majordome (1964), Jean Gabin dans La Minute de Vérité (1952), Chiens perdus sans collier (1955), ou encore dans le rôle de Maigret, Marina Vlady dans La princesse de Clèves (1961), Anny Duperey dans Pas Folle la guêpe (1972)... La liste est longue.

En 1986, il reçoit des mains de Michèle Morgan un César d'honneur venant couronner l'ensemble de sa carrière.

Dans les années 1990, il réalisait pour la télévision la série Le Gorille d'après l'oeuvre d'Antoine Dominique.

Chapeau, maestro.

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Il avait 100 ans et j'avais été choqué qu'il n'y ait pas le moindre hommage, ni même une ligne d'information dans les magazines de cinéma sur cet anniversaire. Rappelons qu'il avait reçu l'équivalent de la palme d'or à Cannes en 1946 et qu'il a tourné avec les plus grands. La grande famille du cinéma l'avait déja enterré, gageons qu'elle retrouve la mémoire et l'estime des anciens !

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