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Mozart, l'opéra rock : Un spectacle qui ose... tout !

Un aveuglement rouge cardinal. Après un bref prologue, judicieusement prosaïque et transparent, destiné à conduire avec la force du suspense le public au point critique de la vie de Mozart (l'exil, à 20 ans - moment où s'ouvre le spectacle), la scène d'exposition de Mozart, l'opéra rock honore déjà l'audace qu'on prêtait a priori à la production de Dove Attia et Albert Cohen : au son de Dies Irae, poème incontournable et choeur puissant du requiem mettant en scène le jugement dernier, une effrayante haie de cardinaux baignée de lumière sang introduit le nouvel employeur de Mozart, Colloredo, qui succéda au prince-archevêque Schrattenbach. Un premier tableau qui place le mythe Mozart dans une dimension messianique, le rouge cardinal évoquant le sang du Christ, et la messe des morts évoquant - déjà - sa propre fin inachevée...

Le tandem à l'origine des 10 Commandements donnait hier soir la générale de presse de Mozart, l'opéra rock, en présence de nombreuses célébrités curieuses ou amies (Daniel Levi et Pedro Alves ont notamment fait une apparition remarquée), au Palais des Sports de Paris, qui accueille le spectacle jusqu'au 1er novembre, avant qu'il parte en tournée (nationale et... internationale, comme s'est enthousiasmé Albert Cohen lors des remerciements d'usage).

On le sait, l'austère Colloredo aura vite fait d'étouffer le génie de Mozart : après trois ans à son service, le compositeur se résoudra à quitter Salzbourg. Un exil annoncé par un premier duo qui donne la tonalité (mélange de rage rock et de volupté où percussions et violons font bon ménage) et appelle l'entrée en scène de Mikelangelo Loconte, interprète du personnage-titre et arrogance de la jeunesse insouciante incarnée - bien remis du pépin de santé qui l'a contraint à se faire remplacer pour son showcase de la veille. Fait amusant, le magazine Closer révèle dans le même temps que les producteurs n'ont pas réussi à faire assurer le spectacle contre la grippe A, et ont, par conséquent, imposé à la troupe et à l'équipe technique des mesures de précaution drastiques en termes d'hygiène, demandant même aux fans, par voie de forum, de ne pas avoir le moindre contact avec les artistes !

Acte I, les pérégrinations bariolées d'un génie libertin

Après une courte partie parlée, discrètement soutenue par un air de musique de chambre (principe actif du spectacle, les parties dialoguées n'auront jamais lieu dans un silence total, mais systématiquement accompagnées de la sorte - un effet très cinématographique), s'ouvre le tableau saississant de la vie de patachon du génie, arrivé à Mannheim : une saynète à la bavaroise, culottes de peau et robes à jupon, véritable beuverie animée d'une musique de fête foraine (La chanson de l'aubergiste) inattendue. Taverne, flonflons et débauche : le Mozart qui brûle la chandelle par les deux bouts est déjà en scène, à la faveur de cette facette "rockstar avant l'heure" qui a tant fasciné Dove Attia dans l'écriture de son spectacle. Cette fresque délurée n'est que la première fantaisie d'un spectacle patchwork qui parvient étonnamment à amalgamer toutes ses composantes de manière savoureuse : orchestre rock (situé en hauteur, à jardin, qui s'illumine de temps à autre, proportionnellement à l'éclairage de la scène en contrebas) et orchestre de chambre, tableaux bouffons et imagerie onirique, rock uptempo et art lyrique... Vers la fin du premier acte, suite à la captivante levée du corps de feue la mère d'Amadeus par des ombres masquées et munies de leurs instruments (hautbois, clarinette...), c'est un ballet totalement psychédélique qui fera écho à la scène tyrolienne initiale : une valse lunaire bombardée de couleurs primaires, qui s'achève dans un formidable travail de choeur comique. Vous l'aurez compris : la mise en scène d'Olivier Dahan et les chorégraphies de Dan Stewart ne sont pas le moindre des atouts de ce spectacle.

Les pérégrinations européennes de Mozart, qui occupent l'intégralité du premier acte, permettent de ménager une large place à son exubérance, à sa facette libertine et libertaire, comme on le lui fait clamer sur le très heavy rock symphonique intitulé Le Trublion : "Je suis un libre penseur, un trublion, un emmerdeur".

L'alternance des registres et la juxtaposition de tableaux se poursuit sans complexes, symbolisée par l'entrée stellaire de Melissa Mars en Aloysia Weber, premier amour de Mozart. Véritable méduse lunaire violette avec sculpture capillaire digne de Mars Attacks, entourée de danseuses classiques tournoyantes, dans leurs robes de volutes et dressée sur leurs pointes vers la voûte céleste, elle égrène ses Bim Bam Boum éthérés, pulsation glacée, translucide, hypnotique. Une grâce qui ne sera plus au rendez-vous, dans le duo qu'elle partagera peu après avec sa soeur Constance (Claire Perot), future épouse de Mozart, duel de cour de récré très habité par les deux filles à coups de réparties sauvages : "Avec ta morale de bigote, tu prend ton pied quand tu tricotes, na na na na na na". Ce Six pieds sous terre, dialogué, à l'unisson ou à la tierce, fonctionne à merveille sur scène.

On appréciera encore les effets d'imbrication ingénieux : si l'arrivée d'Aloysia se fait telle un rêve et s'achève sur le retour brusque à la réalité, la lecture de la lettre de Leopold, le père de Mozart, va déclencher un tableau dans le tableau - une chanson rugissante qui nous a fait croire à l'arrivée de Metallica, et laisse brutalement place à... la rupture de Mozart et Aloysia sur l'air célèbre de l'Adagio.

L'arrivée du génie à Paris sur Tatoue-moi donne lieu à un ballet d'ombrelles d'une efficacité imparable, renforcé par l'arrière-plan en trompe-l'oeil des rideaux qui assurent une diversité de décors stupéfiante. Un procédé brillamment exploité, gage d'une grande variété accentuée par de nombreuses projections très visuelles et quelques audaces techniques (projection, assez déstabilisante, d'une cinématique nocturne de deux muses s'adressant à un Mozart transi d'amour au point d'en perdre son art, ou encore un rideau de fils avec jeu d'ombres en arrière-plan, par exemple). L'acte premier s'achèvera sur une complainte magnifique interprétée par un Mikelangelo Loconte dont le personnage commence à peine à sortir de l'enfance par l'expérience de la souffrance et du rejet, accompagné visuellement par une danseuse aux allures de fantôme tourmenté. Fin de l'acte, entre tambours de la garde royale et orgue, dans une ambiance de cathédrale.

Acte II, Grandeur et décadence de la première rockstar de l'histoire

Après tant de voyages et de libertinage, le retour de Mozart en Autriche génère une véritable intensité dramatique. Broyé par la mort de sa mère, il subit les foudres de Leopold dans un affrontement qui révèle une fois de plus l'excellente composition de Solal dans le rôle du père, en même temps que son exceptionnelle densité vocale. L'humiliation de Mozart, aggravée par la chanson d'Arlequin, donne lieu à un nouveau ballet collégial tous azimuts sur un son quasi électro-rock de la famille de Superbus. Montée en puissance annonciatrice de l'arrivée, enfin, du ténébreux Salieri campé par Florent Mothe - ovationné dès son apparition, il est la grande révélation de cette troupe.

Les fastes et les dorures de la cour de Vienne, où s'exprime à merveille la prestance de Mothe mais aussi la faconde du comédien (Yamin Dib) incarnant l'intendant Rosenberg, excellent et indispensable (dépositaire d'une belle littérature qui tire la langue du spectacle vers le haut), n'auront d'égal que le côté bubble-gum du mariage de Constance et Mozart. Heureusement, la partie Cendrillon, Demoiselles de Rochefort et mariage-kermesse ne prendra pas l'ascendant sur la tragédie qui se joue : le succès fulgurant et la déchéance qui l'est tout autant de Mozart, précipités et endurés par son rival et admirateur Salieri.

Le point de bascule est évidemment, après le succès "strassé" de L'Enlèvement au sérail, la composition des Noces de Figaro avec la complicité du poète officiel du théâtre de Vienne Lorenzo da Ponte, incarné par Patrice Maktav (un ancien de la Star Academy). "Ce ne sont pas tant les idéaux révolutionnaires que la déchaînement des passions humaines que je veux montrer", s'émeut Mozart : "Figaro me touche infiniment et sa révolte est celle d'un homme libre". Trop subversif pour la noblesse viennoise, et les détracteurs du compositeur en profitent. L'oeuvre est rapidement déprogrammée, Mozart devient paria. Et Salieri devient héros déchiré.

Le combat intérieur du personnage de Salieri, merveilleusement porté par Florent Mothe, rejaillit sur l'ensemble de cette deuxième heure de spectacle, au travers de performances sadomasochistes irrésistibles, dont L'Assasymphonie est le climax : seul en avant-scène puis rejoint par trois danseurs-martyrs, Mothe-Salieri met l'intrigue sur orbite. Quelques minutes plus tard, le même personnage achèvera un autre morceau déchirant ("J'ai perdu pour l'Histoire") debout sur une ballustrade... à côté de l'orchestre rock d'Olivier Schultheis et William Rousseau.

Après la mort de Léopold (qui suscite une nouvelle création chorégraphique sublime), et Mozart étant malade, le dénouement inéluctable approche, le génie s'étant vu passer commande d'un requiem... qu'il ne pourra achever. Sur Vivre à en crever, qui est un peu à Mozart, l'opéra rock ce que le duo Mon frère est aux 10 Commandements, Loconte et Mothe posent les premières mesures d'un final céleste...

Un divertissement... baroque'n'roll

On peut débattre de l'audace de ce Mozart sulfureux et composite, bariolé et gesticulant autant que novateur et captivant, qui s'attirait dès l'entracte des commentaires mitigés (mais enthousiastes) de ses spectateurs. On peut débattre encore de l'équilibre entre le premier acte, entièrement dédié à la facette juvénile et aux moeurs insouciantes de Mozart, et du second, qui ne fait finalement qu'effleurer son génie musical et l'intrigue fascinante qui sous-tend son succès et sa décadence, sans vraiment prendre toute l'intensité qu'on aurait aimé trouver.

On ne peut nier, a contrario, que l'équipe du spectacle parvient inconcevablement à fair tenir ensemble une telle variété d'éléments en deux heures de temps. Les chorégraphies de Dan Stewart, très rarement outrancières, sont un bonheur et trouvent leur place sur la toile de fond d'un décor sans cesse réinventé, qui n'économise ni les jeux de lumières, ni les jeux de couleurs (beaucoup de tableaux fonctionnent avec le mélange contrastant de 2/3 tons), ni les jeux de technologie (néons, vidéo...). A noter que les costumes sont sidérants, et que les changements de décor à vue, tout comme la présence de l'orchestre à jardin et d'instruments en scène, empruntent avec goût à l'esprit même du musical.

La théâtralité de ce spectacle, par ailleurs, est à signaler absolument, tant du point de vue d'une langue aussi châtiée dans les parties parlées que librement maniée dans les textes des chansons, que de celui de la comédie : les comédiens incarnant les seconds rôles (Colloredo, Rosenberg, Weber...) sont irréprochables, et les comédiens-chanteurs tirent remarquablement leur épingle... du jeu.

Le grand manège mélodique de Mozart, l'opéra rock, contre toute attente, tourne rond, mélangeant à l'envi les instruments et les époques dans une architecture musicale admirablement bien pensée : le baroque'n'roll. La présence d'une cantatrice simplement divine ajoute encore à cet amalgame réussi.

Du côté des personnages principaux, si le Mozart de Mikelangelo Loconte se tient (dans le cadre de la composition voulue par l'angle du spectacle) en dépit d'une gestuelle redondante, on retiendra surtout, outre la belle sobriété des seconds rôles (Leopold, tout particulièrement), la solidité de la composition de Claire Pérot dans le rôle de Constance, et, bien entendu (car son talent n'a échappé à personne, de toute évidence), la prestation magnétique, tant corporellement que vocalement, de Florent Mothe en Salieri torturé et ténébreux.

Des audaces et des talents qui promettent cette production à un bel avenir. Le Mozart... et la manière d'une comédie musicale atypique.

G.J.

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