Mylène Farmer s'apprête à mettre le point final à sa cinquième tournée entamée au mois de mai, la première en dix ans de temps, avec deux dates au Stade de France (11 et 12 septembre) puis une date en Belgique (19 septembre). Mais, à l'occasion de ce Tour 2009 qui a accompagné la parution de l'album Point de suture, il faudrait plutôt parler de point d'orgue, puisque l'artiste s'émeut déjà de fêter, ce 12 septembre 2009, ses 48 ans en compagnie de 80 000 fans.
"Je vais vous faire une confidence", a-t-elle glissé dans une rare interview accordée à RTL, dont des extraits ont été diffusés aujourd'hui dans dans l'émission matinale Laissez-vous tenter conduite par Vincent Parizot : "Je ne célèbre plus mon anniversaire. Mais pour être franche, un anniversaire devant 80 000 personnes au Stade de France, j'adore cette idée-là ."
Les célébrations autour de cet anniversaire ont déjà commencé : sur Goomradio, par exemple, Têtu Radio est devenue Mylène Farmer Radio, les fans de la chanteuse choisissent la playlist de Têtu Radio et laissant leurs messages pour exprimer leur affection pour leur idole...
Au lendemain de son précédent concert (voir vidéo ici) , à Genève, la plus impressionnante performeuse française (la première à remplir le Stade de France) a reçu Anthony Martin pour quelques moments en toute pudeur et en toute intimité, qui seront dévoilés en intégralité samedi 12 septembre de 15h à 16h dans l'émission "Le Grand Studio RTL".
Mylène Farmer a notamment livré certains de ses rites avant de monter sur scène, pour ce show dont Yvan Cassar assure la direction musicale et qui est servi par une projection vidéo sur 700 m2 d'écran, une scène gigantesque, une structure en quatre tableaux : le recueillement dans les minutes précédant la performance, avec son meilleur ami Anthony, puis une visite rituelle de son compositeur historique Laurent Boutonnat, qui lui intime... "Fais le vent" : "ça veut dire 'Respire', c'est une manière de déstresser un peu".
C'est une Mylène Farmer pudique mais détendue qui s'exprime, évoquant aussi bien ses goûts musicaux ("J'adore Depeche Mode, Sigur Ros, David Bowie, Juliette Greco, des artistes qui ont leur propre univers" que le "tragique" de la disparition de Michael Jackson et "l'incompatibilité de la vie privée et de la vie publique".
Mais, rapidement, l'ombre des démons intimes plane, qui guide, en silence et en toue discrétion, le travail de création : "Le travail, l'opiniatreté est essentielle, oui. Je crois que c'est indissociable, la douleur, parce que les doutes, peut-être la douleur physique, il faut aller au-delà de soi(...) Je suis fière de ce que j'ai construit sans prétention aucune. Très sincèrement, l'obsession de laisser une trace ne fait pas partie de moi. Maintenant, pour être tout à fait honnête, j'aimerais qu'on ne m'oublie pas (...) J'ai ce paradoxe en moi : je suis capable de vivre aussi bien dans l'ombre, et de m'exprimer dans la lumière. J'ai toujours aimé avoir besoin du gigantesque et du spectaculaire. Je sais mon handicap devant trois personnes, et mon aisance devant 30 000 personnes. Il y a une bascule qui se fait presque naturellement."
"Je suis de nature discrète, timide parfois, mais l'éclat de rire fait partie de moi aussi, comme vous avez pu le constater", poursuit-elle en rappelant le fou rire partagé avec son intervieweur avant de débuter l'entretien. "J'ai cette force qui me permet de surmonter tous mes démons au moment où j'en ai le plus besoin."
Face à "l'idée de la mort", qui la "terrifie" ("Elle est inéluctable. Parfois elle me hante, parfois, je l'oublie"), l'art est sa survie : "Ce métier m'a aidé à m'incarner, là où j'avais le sentiment, plus jeune, de n'être pas incarnée du tout, de n'être attachée à rien. C'est fondamental."
Que restera-t-il alors, une fois la tournée "morte" ? Outre l'annonce d'un nouvel album, c'est un deuxième film et un premier rôle dans un long métrage impulsé par Claude Berri avant sa mort, que la chanteuse évoque, mis en scène par Bruno Aveillan, produit par Luc Besson, adapté de l'ouvrage L'ombre des autres de Nathalie Rheims. "Et, j'espère, une rencontre avec le public".
Le public justement, qui ne l'oublie pas et qu'elle n'oublie jamais : "Je remercie le public, cette fidélité... et je vais essayer de ne pas pleurer, on va arrêter, là ."
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