C'est un bien délicat procès qui s'est ouvert hier au tribunal correctionnel de Paris. L'ancienne numéro un du tennis français, Nathalie Tauziat, attaque en justice trois ex-joueuses pour diffamation.
Rappel des faits : en 2007, l'ancienne joueuse de haut niveau Isabelle Demongeot jette un pavé dans la mare en accusant son ancien coach, Régis de Camaret, de l'avoir violée. A l'époque, de Camaret dirigeait le centre d'entraînement des Marres à Saint-Tropez. Après la plainte d'Isabelle, plusieurs autres joueuses ont voulu porter plainte pour des faits similaires s'étant déroulés entre 1977 et 1989. De Camaret a été écroué le 15 février 2007 après avoir été mis en examen pour "viols aggravés et violences sexuelles aggravées" sur plus d'une dizaine de mineures. Malheureusement pour certaines de ses victimes, le tribunal a dû prononcer un non-lieu partiel en raison de la prescription des faits.
Isabelle Demongeot, Isabelle Amiach et Catherine Tanvier sont trois des victimes de l'entraîneur. Ce sont elles aujourd'hui qui sont accusées par Nathalie Tauziat de diffamation à son égard.
Le lien entre ces deux affaires est simple : Régis de Camaret est l'entraîneur qui a porté Tauziat au plus haut niveau et celui avec qui la joueuse a dirigé une académie de tennis à Capbreton. Les trois joueuses auraient laissé entendre dans la presse que Tauziat "savait" !
Nathalie Tauziat - mère de deux jumelles depuis le 14 septembre - déclare aujourd'hui dans Var Martin : "Je n'ai su pour ces viols que lorsqu'on a incarcéré M. de Camaret." Une déclaration que les trois victimes de l'entraîneur réfutent.
Demongeot va même plus loin en déclarant : "Le jour où je me suis exprimée face à Nathalie, j'ai dit que j'avais subi des viols répétés de la part de mon entraîneur et que je voulais partir (...) Elle m'a répondu que ce n'était pas son problème, que c'était le meilleur entraîneur du monde et qu'elle allait continuer à travailler avec lui."
Pour Nathalie Tauziat de tels propos sont inacceptables : "On n'a pas du tout parlé des viols (..) Pour moi, Régis de Camaret est un second père." Au moment où Tauziat décidait de porter plainte (en avril 2007), elle expliquait alors à L'Express : "Isabelle Demongeot a dit dans L'Equipe 'elle savait' en parlant de moi. Dans son raisonnement je suis complice de quelque chose et cela me gêne énormément."
Une affaire délicate donc, confiée à la justice qui devra statuer d'ici à 5 semaines.
Régis de Camaret, lui, a été remis en liberté en mai 2009 et soumis à un contrôle judiciaire en attendant la fin de l'instruction, et qu'une date de jugement soit fixée.
A.D.
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