Cette année, le 5e prix Jacques Deray de l'Institut Lumière a récompensé un cinéma jubilatoire mais malin, celui de Pascal Thomas. Avec Mon petit doigt m'a dit (2005), sa suite Le crime est notre affaire (2008) et L'Heure zéro (2007), le cinéaste a transposé à l'écran avec brio les oeuvres d'Agatha Christie. Son choix d'acteurs, notamment le tandem Catherine Frot-André Dussollier est certainement pour quelque chose dans la réussite de ses films captivants et attachants. La carrière de Pascal Thomas est d'ailleurs faite de choix toujours judicieux ! La récompense qui porte le nom de Deray, le réalisateur des polars cultes (Borsalino, Flic Story) a donc été décernée cette fois à des films noirs hauts en couleur, un bien joli oxymore !
Depuis 2005, chacun des films vainqueurs se distingue par son style marqué. Ainsi 36, quai des Orfèvres d'Olivier Marchal est ultra-réaliste, De battre mon coeur s'est arrêté de Jacques Audiard un bijou de noirceur, Ne le dis à personne de Guillaume Canet brillamment ficelé et Le Deuxième Souffle d'Alain Corneau baroque. Ils ont pour point commun de revendiquer une patte propre à leur réalisateur.
Jacques Deray, qui nous a quittés en 2003, serait certainement fier de l'éclectisme et de l'audace artistique des lauréats.
SY
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