Les terrains de rugby, ce week-end, ont vibré à l'unisson. D'une même ferveur, d'une même exceptionnelle ovation, dès vendredi soir, peu avant le choc entre Toulouse et Biarritz, la LNR (Ligue Nationale de Rugby) avait tenu à rendre hommage à Thierry Gilardi. Et ce avec autant d'énergie qu'il en déployait à exercer son métier — et à vivre, tout simplement.
Une minute d'applaudissements nourris, a également été observée avant chaque match de première et de deuxième division de rugby, à la mémoire de ce monsieur foot notoire, par ailleurs grand passionné de ballon ovale et qui fut lui-même joueur pendant 17 ans. Vice-président du Stade Français depuis 1997, il n'hésitait pas à avouer que « le football [était son] métier ; le rugby, [sa] passion ».
Puis le silence est retombé. Tel le silence qui règnait hier sur la commune de Montfort l'Amaury, à une quarantaine de kilomètres de Paris, dans les Yvelines, où étaient célébrées ses obsèques.
L'église Saint-Pierre, bâtie au XVème siècle par Anne de Bretagne, quoique étonnamment grande pour ce village de 4000 âmes, paraissait hier un peu étroite pour accueillir tous ceux qui souhaitaient accompagner Thierry en sa dernière demeure.
Un peu en contrebas de la place principale, le cimetière où repose désormais Thierry Gilardi est entouré de galeries qui lui confèrent l'allure d'un cloître. C'est ici que se sont recueillis son épouse, Nathalie, leurs trois enfants (Alexandre, Marie et Thibault), toute la famille de l'animateur sportif, y compris celle qu'il s'est créée au fil de ses commentaires.
Thierry Gilardi, qui a succombé le 25 mars à une crise cardiaque, était âgé de 49 ans. Victime d'une première attaque durant la nuit (vers 3h), son état de santé s'était rapidement dégradé au fil des heures ; c'est vers 16 h qu'une seconde crise cardiaque s'est avérée fatale.
Il y a quelques jours, la chaîne d'information LCI se remémorait sa réaction lors du « coup de boule » de Zidane au Mondial de foot, alors qu'il commentait le match en direct pour TF1. Il s'était alors directement « adressé au joueur » : « Zinedine, pas ça, oh non, pas ça, pas aujourd'hui, pas maintenant, pas après tout ce que tu as fait ». Des mots que l'on transposerait volontiers aujourd'hui, à son égard.
Carton rouge à la vie, qui n'est pas toujours fair-play...
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