Quelques jours après le vol expéditif de "l'homme au Borsalino" chez Chopard place Vendôme, un nouveau méfait "de prestige" défraie la chronique : hier, on a découvert qu'un carnet de 33 dessins de Pablo Picasso, d'une valeur estimée à 8 millions d'euros, avait été dérobé au musée Picasso, situé rue de Thorigny, à Paris. Le musée, qui subit actuellement d'importants travaux de rénovation, a été victime de la faiblesse temporaire de son système de sécurité.
Ce matin, Olivier Widmaier-Picasso, petit-fils du peintre, était reçu par Marc-Olivier Fogiel au micro d'Europe 1. Manifestement rompu aux actes de grand banditisme liés à l'oeuvre de son aïeul ("Je crois savoir qu'actuellement dans le monde, on parle d'environ 400 oeuvres qui n'ont pas encore été retrouvées", a-t-il mentionné), il s'est exprimé, avec une décontraction étonnant, sur cet épisode : "Ce carnet correspond à une époque importante, a-t-il fait remarquer : 1917-1924, donc l'après-guerre, l'après-cubisme. C'est la période où mon grand-père rencontre Cocteau, Diaghilev, et surtout Olga, qui deviendra sa première femme. Dans tous ses carnets, il captait ce qui l'entourait, et c'était toujours un avant-goût des chefs d'oeuvre ultérieurs (...) C'est toujours navrant, parce qu'au-delà de la valeur financière, il y a une valeur historique et une valeur affective. Savoir que dans ces petits carnets se trouvent probablement les premières impressions d'un artiste, c'est tout de même quelque chose d'unique."
Rappelant le travail irréprochable de la directrice du musée Anne Baldassari et de ses équipes, Olivier Widmaier-Picasso a confirmé que l'établissement était en travaux, affaiblissant son système de sécurité : "Le problème, en l'espèce, c'est que le musée va faire l'objet de rénovations très importantes, nécessaires. Le musée Picasso a été créé justement pour accueillir la dation, c'était il y a plus de 20 ans, et aujourd'hui on s'apprête à faire des travaux très importants."
Spéculant sur "la cleptomanie de gens qui passent, qui trouvent et qui prennent", le petit-fils du maître a expliqué, flegmatique, que le recel d'oeuvres d'art était "un marché très compliqué" et que les forces de police retrouvaient bon nombre d'oeuvres dérobées, rappelant la mésaventure de sa soeur, cambriolée en 2007 alors qu'elle était à son domicile (les malfaiteurs passent cette année en jugement) : "Il y a deux ans, ma soeur Diana a été volée chez elle, dans des conditions absolument incroyables ; deux tableaux tellement importants que les voleurs n'ont pas pu trouver des acheteurs sur les marché et les ont proposé à un receleur holllandais qui a prévenu la police. Dès le lendemain du vol, j'ai pris les mesures nécessaires pour prévenir les autorités, diffuser les images, jusqu'au bout du monde."
Après s'être amusé de la théorie, avancée par Marc-Olivier Fogiel, d'un collectionneur commanditant des vols pour garnir sa cave personnelle, en estimant dans un sourire que "cela relève peut-être d'un film de James Bond" (ou de Thomas Crown, non ?), Olivier Widmaier-Picasso, toujours avec humour, s'adressait à l'auteur(e) du vol : "Si en effet il a volé l'oeuvre, et que, là, il l'a redéposée rue de Thorigny devant le musée Picasso - vous avez le format, 16x24 - (...) c'est l'Etat qui sera clément. Le musée Picasso nous appartient à tous. Cette oeuvre, elle manque au musée car elle est importante, et je crois qu'elle n'a aucun moyen de vivre ailleurs."
A suivre.
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