Hier soir, à Barcelone, l'équipe des Etreintes Brisées, le nouveau film de Pedro Almodovar, était au grand complet pour présenter et discuter de ce film avec la presse catalane.
Cette nouvelle oeuvre du réalisateur de Talons Aiguilles, Attache-moi ou La mauvaise éducation, est annoncée comme l'un des grands chefs-d'oeuvre du cinéaste espagnol. Nous avions, déjà à l'époque du tournage, mis en avant ce film, qui s'annonce comme l'un des grands moments de la saison cinéma, et que l'on risque d'ailleurs de retrouver sur la Croisette en mai prochain.
L'histoire ? Complexe, car très émotionnelle comme d'habitude chez le cinéaste... Dans l'obscurité, un homme écrit, vit et aime. Quantorze ans auparavant, il a eu un violent accident de voiture, dans lequel il n'a pas perdu seulement la vue mais où est morte Lena, la femme de sa vie.
Cet homme a en fait deux noms : Harry Caine, pseudonyme ludique sous lequel il signe ses travaux littéraires, ses récits et ses scénarios ; et Mateo Blanco, qui est son nom de baptême, sous lequel il vit et signe les films qu'il dirige. Après l'accident, Mateo Blanco devient son pseudonyme : Harry Caine. Dans la mesure où il ne peut plus diriger de films, il préfère survivre avec l'idée que Mateo Blanco est mort avec Lena dans l'accident.
Désormais, Harry Caine vit grâce aux scénarios qu'il écrit et à l'aide de son ancienne et fidèle directrice de production, Judith Garcia, et du fils de celle-ci, Diego. Depuis qu'il a décidé de vivre et de raconter des histoires, Harry est un aveugle très actif et attractif qui a développé tous ses autres sens pour jouir de la vie, sur fond d'ironie et dans une amnésie qu'il a volontairement choisie ou, plus exactement, qu'il s'est imposé. Il a effacé de sa biographie tout ce qui est arrivé quatorze ans auparavant. Il n'en parle plus, il ne pose plus de questions ; le monde a eu vite fait d'oublier Mateo Blanco et il est lui-même le premier à ne pas désirer le ressuciter.
Mais une nuit, Diego a un accident et Harry s'occupe du garçon. Durant les longues nuits où Harry veille sur lui (sa mère, Judith, se trouve loin de Madrid et ils décident de ne rien lui dire, pour ne pas l'inquiéter), il lui fait le récit de sa propre histoire, pour le distraire, comme un père dirait un conte à un enfant pour l'endormir. C'est le pouvoir hypnotique de la fiction qui, dans ce cas, est un douloureux récit autobiographique. L'histoire est émouvante et terrible... Une histoire d'amour fou, dominée par la fatalité, la jalousie et la trahison. Une histoire dont l'image la plus éloquente est la photo de Mateo et Lena, déchirée en mille morceaux.
Une oeuvre qui s'annonce donc très belle et très forte, et dont une bonne partie du casting était hier lors de la présentation du film, notamment la belle Penélope Cruz (récemment oscarisée pour son rôle dans Vicky Cristina Barcelona) et Blanca Portillo, qui entouraient le cinéaste espagnol.
Rendez-vous en mai... sur la Croisette !
Adam Ikx
Faire un lien vers cet article






















Cliquez sur un smiley pour l'insérer.