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Philippe Lucas : "Ils ont voulu la guerre, ils vont l'avoir"

News publiée Le Mercredi 4 Février 2009 à 20:42
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Philippe Lucas déclare la guerre à son club du Canet

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La natation, discipline particulièrement confidentielle jusqu'à l'avènement de l'ère Manaudou, n'en finit plus de faire des remous médiatiques. Alors que la nageuse est aux Etats-Unis avec son boyfriend histoire de faire un gros break, et que leur ancien club (le Cercle des Nageurs de Melun Val de Seine) connaît des démêlés avec l'Urssaf, c'est au tour de Philippe Lucas, coach et enfant terrible de la spécialité, qui fait l'actu.

L'ancien entraîneur de Laure Manaudou, avec laquelle la rupture est consommée, mais aussi apaisée, est à couteaux tirés avec son club du Canet-en-Roussillon, qu'il avait rejoint en 2006 avec, dans ses bagages, son staff et... Laure Manaudou.

En cause : une histoire de gros sous... "Jusque-là, je ne voulais pas parler dans les journaux, déclare-t-il à L'Indépendant. Je voulais rester correct, mais aujourd'hui, ce n'est plus possible. Cela fait cinq mois que ça traîne. là, il y a rupture. Je veux qu'ils me donnent ainsi qu'aux nageurs ce qu'ils nous doivent. A partir de là, il n'y a plus de problème, je prends mon sac et je m'en vais."

Prenant à parti les dirigeants, dont il fustige l'incompétence ("si le club veut repartir, il faut me virer tous ces bons à rien"), Lucas dénonce une gestion désastreuse : "à ce niveau, tu te dis que Canet a 25 ans de retard", déplore-t-il en faisant allusion à l'absence d'une politique de recherche de sponsors qui laisse la municipalité seule dans le financement du club.

Comme souvent, Philippe Lucas, réputé pour son intransigeance et sa rudesse en tant qu'entraîneur, fait valoir la situation précaire de ses nageurs avant que d'évoquer son propre cas : "Par rapport aux nageurs, cela va des horaires aménagés pour ceux qui sont à l'université, d'un suivi médical inexistant depuis cette année tout comme le suivi scolaire. On leur a aussi promis une formation BEESAN, ils n'en ont toujours pas vu la couleur. Des primes, des salaires et certains loyers pas payés. Plus ce qu'ils me doivent. (...) Ici c'est le bordel. J'ai une famille, deux enfants, quand on promet les choses on s'y tient. Vous savez, les nageurs, ils sont dans la merde. Il y en a qui ne peuvent pas bouffer. Quand tu nages 18 bornes par jour et que tu bouffes des conserves, parce que tu n'as pas d'argent..."

Alors qu'il était doté d'un budget de fonctionnement lors de ses deux premières saisons à Canet 66, Philippe Lucas fait remarquer que, cette année, aucun contrat n'avait été signé : "même si le club prenait cette année les salaires des nageurs et leurs loyers en charge, je me retrouve avec zéro depuis cinq mois. Surtout que j'ai toute la TVA et l'URSSAF à payer de l'année dernière. Sans compter les kinés et d'autres prestataires qui me suivent et qui, aujourd'hui, ne sont pas payés. (...) Il fallait le dire au mois de juin. Ils auraient pu leur dire : "Ecoutez, on n'a pas d'argent, ce n'est pas possible". Les nageurs auraient signé dans d'autres clubs. (...) Je ferai constater par huissier que je ne peux pas travailler. C'est grave pour les nageurs", conclut-il.

Plus encore que le simple fait des promesses non tenues, le coach stigmatise enfin un manque flagrant de savoir-vivre qui fait franchir le point de non-retour : "Je suis gentil. Je travaille les jours fériés, les week-ends. Quand on est entraîneur, on va au charbon. Mais à partir du moment ou on ne te donne pas ce qu'on te doit, là je ne fais pas de cadeau. Parce que c'est qu'une petite bande de pipes. En plus, ce qui va être dur pour eux, c'est que les gens de Canet m'aiment bien. Je suis apprécié. Quand je passe en duplex au journal de 20 h de TF1 devant la piscine de Canet, avant que cela se reproduise... Par contre, ce qui n'est pas normal c'est de ne pas être honnête avec des athlètes. Je suis peut-être dur avec mes nageurs mais je les respecte. En plus, pour l'image de Canet, bonjour... On a des filles qui ont fait de très bons championnats de France, il n'y a même pas eu un pot, c'était zéro cette année. Pareil pour la Russe qui est championne d'Europe en petit bain, le président n'est même pas venu la féliciter. Ce genre de choses, ça fait quand même partie de la vie d'un club."

"Je ne vais pas me laisser faire. Ils ont voulu la guerre, ils vont l'avoir. Ils vont comprendre ce que c'est".

On ne peut pas dire pour les dirigeants du club. Mais, pour nous, le message est bien passé.



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