La presse a rarement été tendre avec Amélie Mauresmo, que l'on se place sur le terrain de la carrière sportive ou sur celui de la vie privée. Une situation qu'elle a contribué à créer, par excès de naïveté, et par excès d'espoirs déçus.
"J'étais totalement insouciante ! Et très naïve !", s'exclame-t-elle spontanément lorsque l'écrivain Philippe Besson, qui a rencontré la championne de tennis de 29 ans pour le classieux supplément de L'Equipe, Sport & Style, lui fait remarquer que son coming out à 19 ans — dans une interview accordée en marge de sa performance à l'Open d'Australie, dont elle venait d'atteindre la finale — avait fait l'effet d'une bombe. "Il n'y avait rien d'extraordinaire. On m'a posé une question. J'ai répondu", commente-t-elle laconiquement.
Sur le plan sportif, elle n'a pas non plus été épargnée : Amélie Mauresmo, dans le paysage du sport de haut niveau français, c'est un peu le premier accident industriel avant Laure Manaudou. Arrivée au sommet d'une façon fulgurante, créditée de trente-neuf semaines au premier rang mondial, elle n'aura pas suffisamment converti cette explosion en domination durable, et a manqué les grands rendez-vous, notamment, avec son public (en particulier Roland-Garros, où même au top de sa forme, elle a immanquablement perdu ses moyens). Faillite sportive, style androgyne critiqué, face à un tel acharnement, la joueuse laisse paraître sa fragilité psychologique.
Aujourd'hui, la tornade est passée. Et Amélie Mauresmo reconstruit son tennis avec sérénité : "aujourd'hui encore, les émotions que j'éprouve sur le terrain valent les sacrifices qu'il faut consentir".
Mieux, elle a surmonté sa vulnérabilité : "j'ai changé physiquement, je me suis épanouie, je suis en accord avec mon corps désormais", confie-t-elle. Et cela se voit. Pour Sport & Style, elle prend le temps de se livrer à l'objectif de Koto Bolofo, pour un shooting placé sous le signe d'une élégance toute féminine exaltée par les plus grandes marques : Cerruti, YSL, Kris Van Assche, Diane von Furstenberg pour les vêtements, Fred pour la joaillerie.
Sur la photo que nous vous proposons, c'est une femme épanouie que l'on découvre en robe à paillettes signée Ralph Lauren et escarpins en cuir Versace. Seule la brassière Reebok rappelle ce qui a fait sa notoriété.
Un exercice auquel ses rivales, telles la Russe Sharapova ou la Serbe Ivanovic, sont rompues, bien plus qu'elle. Sauf qu'Amélie ne joue pas au mannequin. Elle pose, comme si c'était naturel pour elle, glissant à Besson : "Tu peux écrire que je suis heureuse, là, en ce moment".
G.J.
Faire un lien vers cet article

qu'avec Laure Manaudou !





Cliquez sur un smiley pour l'insérer.