Son journal posthume sortira le 8 janvier prochain…
Pascal Sevran s’est livré pour la dernière fois dans son dernier roman, Les Petits Bals Perdus (qui paraîtra chez Albin Michel). Un témoignage poignant de cet homme qui savait qu’il devait mourir, une lucidité époustouflante mais sans jamais se plaindre.
Pascal Sevran, l’animateur mythique de l’émission musicale La Chance aux Chansons, a débuté l’écriture de cet ultime ouvrage le 16 novembre 2006 à Morterolles, l’endroit où il aime se reposer.
Un admirateur lui envoie un jour un bouquet d’orchidées, mais Pascal Sevran déteste ça ! Voilà comment commence ce livre.
Le 27 novembre, il organise un dîner chez lui avec Nicolas et Cécila Sarkozy entouré de ses meilleurs amis, Julie, la voix d'Europe 1, son amie si fine dit-il en parlant d'elle, Liane Foly, la chanteuse qui a beaucoup parlé, Sébastien Chenu le président des gays libéraux et son neveu Jean-Christophe. Sera-t-il président dans 6 mois se demande-t-il, concernant Sarko ? "Je le souhaite de toutes mes forces".
Très mélancolique, l’animateur écrit et écrit encore, jusqu’à fin mars 2007, date à laquelle il entre à l’hôpital pour une dure bataille contre la maladie. Après avoir souffert 5 mois, il reprend l’écriture de Les Petits Bals Perdus le 1er août 2007.
Conscient de son état de santé au plus mal, Pascal Sevran garde la tête froide et analyse sa situation : "Etre guéri : il ne faut jamais écrire ni penser ce genre d’imbécillité péremptoire. On n’est jamais sûr de rien. On peut se trouver mieux, mais dans une bouffée d’enthousiasme s’écrier au miracle est pure folie. La vie, si belle soit-elle, est une maladie mortelle…"
En couple dans les derniers moments de sa vie avec Julien, âgé de 18 ans, Pascal Sevran n’a jamais oublié l’amour de sa vie Stéphane Chomont… "Le bonheur avec Julien était inéluctable. Je savais aussi qu’il était provisoire… (…) Il m’a aimé comme seul avant lui Stéphane m’a aimé, sans arrière-pensée, sans autre désir que moi. De ces deux-là, de leur pureté, je n’ai jamais douté. De combien d’hommes ou de femmes pouvons-nous dire cela sans trembler ?"
Très digne, Pascal Sevran a caché, au plus mal, ses multiples hospitalisations, même à sa mère. "Quel besoin de se répandre, puisque de toute façon, personne ne peut rien à ces instants où tout bascule, personne sinon quelques hommes et femmes qui se penchent sur vous scalpel en main. Je sais depuis toujours qu’on est seul face au malheur."
Le 5 janvier 2008, 5 mois avant sa mort d'un cancer du poumon, l’homme commente une photo en noir et blanc sur laquelle posent Jean-Claude Brialy, Jean-Pierre Cassel, Sacha Distel et Alain Delon… "Terrible ! La violence du temps qui passe… La fin d’un monde. Le nôtre."
C’est au centre hospitalier de Limoges que Pascal Sevran disparaît à 62 ans le 9 mai, à 10h30.
Le président Sarkozy ira se recueillir sur son cercueil.
Nicolas Derrstroff
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