Avec 38 ans de carrière derrière la caméra au compteur, le ténébreux Clint Eastwood investissait ce mardi le Palais des Festivals de Cannes pour la cinquième fois avec un film présenté en compétition, dont il signe également la musique — rendons à Clint ce qui appartient à Clint.
La première fois, c'était en 1985 avec Pale Rider, monument incontournable de toute vidéothèque qui se respecte. Puis il y eut Bird (1988 — Palme d'Or technique), Chasseur blanc, coeur noir (1990), et bien entendu le très abouti Mystic River (2003), qui offrait un des ses rôles les plus forts à... Sean Penn, président du jury de cette 61ème édition. Un chef d'oeuvre unanimement salué, mais reparti bredouille, la récompense suprême échéant à Gus Van Sant, pour le drame Elephant.
Le voici de retour avec Changeling (L'échange), une histoire forte pour laquelle le septuagénaire (78 ans le 31 mai) au regard d'acier a fait appel à Angelina Jolie : à 32 ans, la compagne de Brad Pitt atteint sans doute avec cette interprétation d'une mère-courage confronté au kidnapping de son fils, sur fond d'Amérique sexiste et corrompue des années 1920, l'un des premiers sommets de sa carrière. A noter que si le titre français, L'Echange, semble fort prosaïque, le titre original Changeling renvoie au folklore britannique et scandinave, désignant un leurre laissé par les fées à la place d'un nouveau-né humain qu'elles enlèvent...
Malgré la pluie persistante, qui a une fois encore écourté le passage des stars sur le tapis rouge, une véritable ovation a été réservée à l'équipe du film. Et si le plus français des comédiens américains, John Malkovich, manquait à l'appel pour des raisons professionnelles, les festivaliers ont pu tout à leur guise se délecter de la deuxième ascension des marches d'Angelina Jolie, qui a encore manqué de peu d'éclipser ses collègues.
Cette dernière avait troqué la très seyante robe verte qu'elle arborait jeudi dernier lors de la projection de Kung-Fu Panda contre un caftan couleur taupe, au col rebrodé de pierreries, qui conjuguait à merveille aisance et mise en valeur de ses rondeurs toutes maternelles.
Si Brad Pitt était une fois encore d'une classe rare, cela relevait plus de la perfection de son physique que de l'inventivité déployée dans sa tenue : un simple coordonné "chemise blanche-costume noir-noeud pap'", rien de tel pour magnifier un bel homme.
Mais le couple le plus incroyable était sans doute ce soir celui formé par la radieuse Angelina et... l'irrésistible Clint Eastwood, impeccable et magnétique du haut de ses 78 ans (qu'il aura le 31 mai).
Le génial monstre sacré était néanmoins accompagné de son épouse Dina Ruiz, et très probablement de leur fille Morgan, 11 ans, qui fait une figuration dans le film.
Devant un tel spectacle, la rédaction de Purepeople.com ne peut dire qu'une chose : merci d'être venus !
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