Ragaillardie grâce à un emploi du temps un peu allégé ces dernières semaines, au cours desquelles elle a pu rencontrer le pape Benoît XVI, Ingrid Betancourt repart au front. En ouverture du Symposium sur les victimes du terrorisme, hier, à l'ONU, la "Femme de l'année 2008" a prononcé un long discours inaugural, exhortant le secrétaire général sud-coréen de l'organisation, Ban Ki-moon, à ouvrir urgemment le débat.
Préconisant l'instauration d'un "statut international" permettant la reconnaissance des victimes et l'encadrement de leurs proches, favorisant la concentration des efforts diplomatiques et des actions de solidarité autour d'elles, elle a insisté sur la nécessité de briser une certaine forme de loi du silence qui pèse sur la scène internationale. "Le plus grand danger pour une victime du terrorisme, a-t-elle expliqué, c'est d'être oubliée."
C'est une véritable prière qu'Ingrid Betancourt a adressée pour clore son propos : "Au nom de ceux qui sont encore prisonniers de leurs chaînes, je vos implore aujourd'hui pour que vous écoutiez votre coeur, que vous n'oubliiez pas que notre monde a grand besoin de compassion, de tendresse et de générosité. Nous devons faire face à la haine et la barbarie du terrorisme, armés des valeurs suprêmes que sont l'Humanisme et l'Amour. La réponse aux ravages et au désespoir causés par le terrorisme, il faut la chercher non dans les abysses de la violence et de la revanche, mais dans les trésors de l'âme humaine".
Parallèlement à ce rendez-vous, l'ex-otage des Farc s'est vu décerner le Prix Prince des Asturies de la Concorde 2008. "Ingrid Betancourt personnifie tous ceux qui, dans le monde, sont privés de liberté", a commenté le comité d'attribution de la distinction.
Des prix qui, cela dit, ne valent pas cher dans le combat à mener…
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