Difficile d'ignorer Natascha Kampusch. En Autriche, cette personnalité "révélée" par une sordide affaire de séquestration dans laquelle elle était... la victime, a réussi le tour de force d'être à 20 ans la seconde célébrité la plus aimée d'Autriche — juste derrière le président de la République !
Et on ne peut vraiment pas ne pas la voir : outre la place qu'elle s'efforce de s'octroyer dans les médias, l'ex-otage devenue véritable diva court les mondanités et écume les soirées jet-set. Récemment, c'est en compagnie du Prince Mario-Max Schaumburg-Lippe, connu pour son propre goût des fêtes de haut vol, qu'elle est apparue lors d'une soirée de bienfaisance à Salzbourg.
Pourtant, jamais le phénomène d'attraction-répulsion n'aura pris autant de sens : que penser des désirs de gloire impudiquement exhibés par une gamine de 20 ans qui a connu l'enfer, retenue captive de mars 1998 — elle a alors 10 ans — à août 2006 par Wolfgang Priklopil dans un sous-sol sans fenêtre sur le monde ?
Si, au lendemain de son évasion, la jeune femme se mettait déjà en quête d'espace médiatique, poursuivant l'objectif de devenir journaliste — pourquoi ne pas songer à une belle revanche, pour quelqu'un qui a été coupé de la vie du monde pendant 8 ans ? —, son arrivisme et sa course effrénée à la notoriété ont eu tôt fait d'inquiéter.
D'autant que le caractère nébuleux de l'enquête sur l'affaire de son enlèvement est loin de dissiper les inquiétudes : sa relation avec son ravisseur (lequel s'est suicidé le soir même de son évasion), avec qui elle a par exemple effectué des séjours aux sports d'hiver, le fait qu'elle ait racheté la maison où elle est censée avoir connu l'enfer, les soupçons de manipulation et de montage de toutes pièces de cette histoire dans laquelle ses parents seraient impliqués, ...
Entre syndrome de Stockholm, schizophrénie et mégalomanie, difficile de cerner cette femme-enfant qui jongle entre extrême timidité et extrême visibilité. Cultivant depuis son plus jeune âge des rêves de paillettes, elle a déjà partiellement atteint son but. En devenant comédienne de sa propre vie, en y jouant des personnages, en monnayant ses apparitions (600 000 euros pour la première interview accordée après son évasion)... Et peu importe que son talk-show ne pulvérise pas les records d'audience, tant qu'elle trouve des occasions de se montrer.
Quand starification et scarifications se ressemblent plus que phonétiquement...
Perturbant...
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