Entre enquêtes intrusives sur ses choix en matière de parures de bijoux et guéguerres intestines (le méchant Fillon est sorti du rang pour la tacler…) qui plombent ses efforts acharnés pour mettre la maison Justice en bon ordre de marche, Rachida Dati poursuit son parcours du combattant avec une détermination intacte. Mais aussi avec une passagère qui devient de plus en plus encombrante.
D'ailleurs, alors que la Garde des Sceaux a indiqué qu'elle comptait assumer son agenda jusqu'à la fin du mois de janvier, on peut sensément se demander si elle tiendra jusqu'à cette deadline ! A l'occasion de ses récentes sorties, on a en effet largement pu constater que la petite fille dont elle doit accoucher dans les semaines à venir prend de plus en plus de place : la ministre aura-t-elle vraiment le loisir — et la force, bien entendu — de tenir le rythme ? Et surtout, sa petite protégée, qui s'agite de plus en plus, ne risque-t-elle pas de faire le cadeau à sa maman d'une arrivée prématurée ?
Bref, de même qu'un soldat s'échine à accomplir son parcours avec bien des kilos d'équipement, Rachida Dati expédie les affaires courantes malgré ce lest de bon augure. Et on ne peut pas dire qu'elle y aille la fleur au fusil, sauf quand elle participe au Téléthon dans son fief du VIIe arrondissement parisien : là, on l'a vue, samedi, une rose rouge à la main et la bonne humeur en bandoulière, apporter son concours aux bénévoles de l'opération, qui ont également reçu le soutien du bientôt retraité Patrice Leconte.
Attachée à sa mairie et à ses concitoyens, elle avait d'ailleurs convié lundi les commerçants du VIIe, enchantés, à la mairie : une "réunion de quartier" dans une ambiance bon enfant pour promouvoir la sortie du guide 7e en poche. Après avoir goûté les aspects les plus réjouissants de sa fonction de maire, célébrant notamment un mariage tout récemment, elle a repris le fil de sa mission gouveernementale.
Elle se trouvait lundi matin au Palais de l'Elysée, en compagnie de l'ensemble du gouvernement, pour célébrer le soixantenaire de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée le 10 décembre 1948 par l'Assemblée Générale des Nations Unies. Un anniversaire honoré en grande pompe, au cours duquel Rachida Dati a reçu le soutien chaleureux de femmes d'exception : tour à tour, Carla Bruni-Sarkozy, Michèle Alliot-Marie ou encore Simone Veil, éminente militante et néo-académicienne, sont venues lui adresser quelques mots, un geste, un sourire, et l'épauler dans les derniers moments de sa grossesse. Peut-être lui ont-elles prodigué quelques conseils pour équilibrer son énergie entre job de maman et job de ministre…
Dans la lignée de cette commémoration, elle a ensuite assisté à la première conférence de l'European Union Agency for the Fundamental Rights, hébergée par le Hilton. Avant de prendre la direction du ministère de la Justice pour y rencontrer les juges délégués aux victimes (Judevi).
Mardi, après avoir présidé le conseil d'arrondissement à la mairie du VIIe, la Garde des Sceaux et ses imposantes rondeurs ont rejoint l'Assemblée Nationale, qui devient un peu trop étroite pour elle. Roselyne Bachelot-Narquin en a profité pour glisser quelques attentions et quelques mots à sa consoeur, laquelle a ensuite participé à une session de la commission des lois de l'assemblée nationale, présidée par Jean-Luc Warsmann. A l'ordre du jour : la loi du 10 août 2007 renforçant la lutte contre la récidive des majeurs et des mineurs.
En somme, Rachida Dati est bien décidée à honorer les échéances qu'elle s'est fixées. Et c'est en ce sens qu'elle s'agite, pendant qu'on joue pour elle à la guerre des Rose : Jean-Pierre Raffarin et Christine Lagarde appelant à faire cesser la "chasse à Rachida" ("C'est une fille exceptionnelle, argumentait récemment l'ex-Premier Ministre. On l'a envoyée au feu pour mener des réformes très importantes. Je trouve très injuste qu'on attaque l'ensemble de ses prises de position (...) on s'attaque plus à sa personne qu'à sa politique"), et Libération allant jusqu'à interroger à la cantonade : "qui veut sauver le soldat Dati ?".
Au milieu de tout ce tumulte, le soldat Dati poursuit sa marche en avant, et, curieusement, avec une humeur de plus en plus… bon enfant.
Et puis depuis 48 heures, la polémique s'est déplacée sur Rama Yade... Ouf, un peu de répit !
G.J.
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