Nous avons évoqué jeudi dernier un article paru dans Le Nouvel Observateur et attaquant Pierre Perret à l'occasion de la publication d'un recueil de souvenires intitulé A Cappella. Des Trois Baudets à l'Olympia (Le Cherche Midi). Le chanteur est notamment "accusé" d'être un imposteur, un menteur, un truqueur, un plagiaire, un jaloux et, pour couronner le tout, un ingrat...
La charge est violente et s'appuie sur diverses déclarations de proches des personnes évoquées par l'auteur du "Zizi". Tellement violente que Pierre Perret a décidé de réagir et d'attaquer l'auteur de l'article en diffamation, annonce le Journal du Dimanche de ce matin. Et, sous le titre "Pourquoi tant de haine ?", c'est le chanteur en personne qui prend la plume pour répondre à la série d'accusations.
Après avoir souligné que, manifestement, le public, nombreux et enthousiaste, venu l'applaudir depuis des années, ne semble guère le considérer comme "une pâle copie de Brassens", Pierre Perret procède à quelques mises au point.
Nous n'en ferons pas l'inventaire complet, mais, contre les allégations de l'hebdomadaire, Perret maintient notamment qu'il a bel et bien rencontré Paul Léautaud, qu'il n'a jamais pillé Georges Brassens et reconnaît bien volontiers qu'on ne peut éviter de rapprocher quelques lignes de "Blanche" (dont "les cuisses fuyaient comme deux truites vives") d'un vers de "La Femme Adultère" de Federico Garcia Lorca ("ses cuisses s'enfuyaient sous moi comme des truites effrayées"). Mais, tient-il à rappeler à l'auteure de l'article, "c'est moi-même qui dénonce dans mon livre ce monstrueux plagiat".
A propos de plagiat, il écrit de Brassens : "Je ne l'ai jamais pillé : je suis un homme honnête, et j'ai toujours bu dans ma tasse."
Il est certain que l'accusation est un peu rude. Comment peut trouver autre chose qu'un vague cousinage entre Brassens et Perret ? Le vieux Georges était un reclus, plutôt anar, mélancolique et désenchanté, un homme au sourire un peu triste sous sa moustache, même s'il chantait les... copains d'abord. Perret est un bon vivant, amateur de bonne chère et de gaudriole. Certes, il aime chantourner ses textes et leur donner ce côté poésie à l'ancienne qui pourrait évoquer Brassens. Mais ce dernier n'aurait jamais écrit "Le Zizi", et Perret n'aurait jamais écrit "La mauvaise réputation".
Pour finir, dans un style qui, reconnaissons-le, n'appartient qu'à lui, Pierre Perret annonce à la journaliste qu'il va introduire un recours et "en référer à une mignonne dont j'ai vanté maintes fois les vertus dans mes couplets et défendu la cause bec et ongles, contre ceux qui bafouent la vérité, l'honneur et la dignité, elle s'appelle la Justice".
En France, tout ne finit plus par des chansons...
Faire un lien vers cet article


Cliquez sur un smiley pour l'insérer.