Bronzé et toujours vêtu de cette carapace qui semble le rendre invulnérable, Patrick Poivre d'Arvor s'est confié à Psychologies. Une interview à lire entre les lignes, tant il s'en dégage un mélange de mélancolie et de chagrin sourd. L'homme pressé serait-il aussi un homme blessé ?
"J'estime avoir porté ce journal au plus haut de ce qu'il était possible", déclare-t-il à propos de son 20 heures (notons au passage que les chiffres de Laurence Ferrari lui donnent pour l'instant raison).
"La vérité est que j'avais choisi de partir en 2009", poursuit-il. "Je n'ai pas eu le temps de préparer mon départ."
Et après avoir un peu tourné autour du pot, PPDA, qui, pourtant, ne manque pas de projets, lâche : "La solitude est immédiate. Un certain nombre de gens en qui vous croyez se détournent très vite. Je pense à une personne en particulier. Et ça, c'est dur, très dur."
C'est là que l'interview bascule. Il n'est plus question que de "faire front, tenir bon, se tenir", de "moments d'intense fragilité". Et s'il s'avoue sensible aux marques de sympathie des inconnus qu'il croise dans la rue, il considère que sa corporation, les journalistes, n'a pas été tendre avec lui :"J'ai eu la chance de ne pas trop lire ce qu'ils ont écrit. Juste quelques articles à mon retour, et je n'aurais pas dû..."
Puis il évoque longuement la mort: "Je déteste la mort de tout... Je n'aime pas l'idée que le sable va s'arrêter de couler. Je n'aime pas du tout que les histoires s'arrêtent."
Et l'insomniaque d'ajouter: "Les nuits blanches, c'est terrible pour les idées noires."
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