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Pujadas et France 2 : Prêts à tout pour faire de l'audience, même à exploiter... le pire !

News publiée Le Jeudi 23 Octobre 2008 à 20:05
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David Pujadas

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Hier soir, France 2 diffusait le premier numéro des Infiltrés, nouvelle émission confiée à l'agence Capa et présentée par le très sérieux David Pujadas.

A priori, le concept semblait intéressant, "border line", mais plutôt instructif. Filmer en caméra cachée des lieux auxquels le public n'a pas accès. "Ne pas se contenter des vérités officielles", martelait Pujadas, mais "ne pas piéger les gens".

Après tout, comme se plaisent à le répéter Nicolas Sarkozy et Patrick de Carolis, France Télévisions est un organe d'utilité publique.

Ainsi, pour ce premier numéro consacré aux maisons de retraite, la chaîne a voulu un sujet fort en émotions, extrêmement fédérateur : les maisons de retraite. Une émission qui devait toucher "tous ceux qui aiment leurs parents, leur famille", annoncait David Pujadas.

22h30, l'heure est venue de s'indigner sur le sort de nos grands-parents. Âmes sensibles, s'abstenir, "des images peuvent choquer".

On voulait voir. On a vu. Effectivement, on retrouve nos anciens, livrés à eux-mêmes, nus dans les couloirs désertés par le personnel, quant ils ne sont pas aux prises avec d'inhumaines aides-soignantes débordées et agressives. C'est ce qu'on nous fait entendre, au milieu de bip bip et bip.

De la maltraitance pure et simple, veut-on nous faire comprendre.

Mais attention, on est quand même à la télévision. Alors il ne faut pas se contenter de montrer. Il faut faire de l'audience. C'est donc une jolie journaliste munie d'une minicaméra, façon Projet Blair-Witch, que l'agence Capa, incarnée par Hervé Chabalier, a envoyé décortiquer le calvaire de ces personnes en fin de vie.

Et dès les premières minutes, le ton est donné. Carole, la journaliste devenue aide-soignante, annonce : "A bord d'un véhicule aux vitres teintées, (ben oui, il fallait au moins ça pour partir à l'assaut de la dangereuse... maison gériatrique) le reste de mon équipe se positionne discrètement en face de la maison de retraite". On se situe "quelque part sur une route de province". Nous n'en saurons pas plus.

Car ici, on n'informe pas, on distrait. On ne dénonce pas, on étale. Les infiltrés auraient pu faire passer feu Le droit de Savoir (de Charles Villeneuve) pour une émission destinée aux gamins (les scènes olé-olé mises à part).

Le résultat est consternant, alarmant, "dégueulasse" même, note Libération, et surtout dépourvu de toute déontologie. Les infiltrés déforment sans état d'âme la vérité toute nue, crue, insoutenable de ce qu'est, sans doute, une mauvaise maison de retraite en France. Mais le sujet est monté, coupé, comme une émission de télé-réalité, un concept sur lequel France Télévisions a longtemps "craché" !

La BBC a été condamnée pour avoir diffusé en 1999 une émission complétement montée par un pseudo-journaliste " infiltré" dans l'Agence Elite, après que leurs avocats ont démontré que les séquences étaient coupées et remontées et que les phrases coupées et remises bout à bout n'avaient plus le sens originel...

Mais attention, Pujadas et Chabalier ne se mouillent pas. Lorsqu'après le reportage, Valérie Létard, secrétaire d'état à la Solidarité, exige de David Pujadas qu'il donne le nom de l'établissement infiltré, il refuse. Au courant avant la diffusion du sujet, elle avait déjà demandé l'adresse avant le plateau... — Tu rigoles ou quoi ?

Alors là, il agite sa carte de presse et parle de déontologie ! Et que deviennent les personnes qui périssent de ces maltraitances dont traite le reportage ? Faut savoir, si c'est vraiment comme ça, on ne diffuse pas, on alerte immédiatement l'Assistance Publique ! Mais son métier à lui, c'est d'animer, pas de se mouiller.

Idem pour la journaliste. Pendant le temps de son infiltration, un homme meurt parce qu'il n'a pas été soigné à temps... Mais Carole n'est pas intervenue. Ben quoi ?! Elle est journaliste elle, pas aide soignante.

Mais dites donc messieurs Sarkozy et de Carolis, ça ne s'appelle pas de la non-assistance à personne en danger ça ?! Le tout mandaté par le service public et financé par les deniers des contribuables...

Ainsi, Les Infiltrés filment l'agonie, comme un journaliste de la télé espagnole l'avait fait, en 1985, avec Omayra Sánchez, cette fillette colombienne de 13 ans, dont l'agonie durera trois jours, les jambes bloquées par un enchevêtrement de poutrelles et de briques, et dont seule la tête émergeait du torrent de boue. Mais, la télévision espagnole n'était pas en caméra cachée !

Chabalier, homme de terrain, se défend : "Il s'agit de confronter le téléspectateur à des situations anormales, voire condamnables, afin de provoquer un choc salutaire". L'argument est recevable sur le thème des maisons de retraite, il faut l'avouer. Il le sera un peu moins sur celui du travail au noir, la semaine prochaine, et plus du tout la semaine d'après, lorsqu'une journaliste infiltrera un magazine people. Quel "choc salutaire" peut-on trouver là-dedans ?!

D'ailleurs, chez Capa, tout le monde n'est pas d'accord avec ces méthodes qui consistent à mentir et truander pour s'infiltrer. Djaffer Ait Aoudia, l'un des infiltrés, a confié à Télérama que pour ses collègues, l'essentiel "c'est de multiplier les impostures, quitte à se faire passer pour un chauffeur de taxi afin de raconter les prostituées du bois de Boulogne". La politique de Capa lui reste tellement en travers de la gorge qu'il a engagé une procédure en référé pour empêcher la diffusion de son imposture !

Et c'est bien là, la limite de cette émission. La caméra-cachée n'est pas un moyen de parvenir à ses fins, mais une fin en soi. On imagine d'ici les réunions de rédaction... "Qui est-ce qu'on pourrait infiltrer cette semaine ?" Et qu'importe si on stigmatise une profession, en l'occurrence celle d'aide-soignante, on aura distrait. Prostitution, presse people, France 2 veut évidemment faire de l'audience.

Le service public dans toute sa contradiction messieurs-dames.

C'est vrai, après ça, Sarkozy pourra toujours crier au loup en parlant de l'émission de Julien Courbet, Service Maximum (qui aide les téléspectateurs victimes d'escroquerie), condamnant l'arrivée d'un pur produit TF1 sur France Télévisons (les majuscules ont leur importance, on en parle avec respect de cette télé d'Etat), si c'est pour ensuite faire pire que TF1 n'a jamais osé le faire...

Quelqu'un a-t-il pensé au personnel des endroits infiltrés ? Parce que, comme d'habitude, c'est eux qui seront virés, les premiers et pas les patrons !

Dénoncer les injustices, très bien, bafouer la charte des devoirs des journalistes (qui stipule qu'il est "interdit d'user de moyens déloyaux pour obtenir des informations"), à la limite, mais réunir toutes ces qualités pour finalement laisser des personnes âgées à l'agonie et faire de l'audience... Libé a raison, c'est "dégueulasse".

Julien Lamury



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"Montrer pour montrer" sans tirer de conséquences pour que "quelque chose soit fait", ça n'a aucun intérêt. Il faut donc montrer et dire où ça a été filmé pour que les "mailtraiteurs" et l'établissement qui les héberge changent de comportement !

On est tous de "futurs vieux", donc il vaut mieux éviter que d'ici là, ce genre de comportement n'existe plus.

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Justeen ... Que l'on veuille dénoncer cet état de fait, c'est louable ... mais laissez des personnes âgées être maltraitées parce qu'on est journaliste et non personnel soignant, ça ne se fait pas ! Je ne suis ni personnel soignant ni journaliste juste une personne qui rendait visite à un ami de la famille placé dans une maison de retraite qui n'avait rien d'un mouroir et pourtant je suis intervenue quand un soignant a quelque peu "secoué" une personne âgée !

D'après ce que j'ai lu un peu partout, cette émission est décriée même par le syndicat des journalistes de France 2 qui a demandé, aujourd'hui, son retrait de la grille des programmes ! Ca donne à réfléchir non ???? C'est leur chaine, leurs collègues et pourtant ils sont mal à l'aise face à cette émission !!!!

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Moi ce qui m'a intéressée c'est de voir que la jolie journaliste se comportait déjà comme une aide soignante lambda, pas plus humaine ni inhumaine, elle a fait ce qu'on lui a dit de faire et n'avait pas l'air spécialemnt en empathie avec les " vieux". Comme quoi, la structure est plus forte, lorsque l'on fait travailler des gens dans des conditions inhumaines , qu'on les laisse seuls faire le boulot que personne ne souhaiterait faire, qu'on les méprise et les juge , en plus, comment s'étoner que peu à peu ils se déshumanisent.Si cette émission , loin de la déontologie a pu peut etre etre utile c'est de dénoncer, par exemple que une femme doit faire la toilette de vingt personnes en 2 heurs.Que une aide soignante est seule la nuit pour " s'occuper de 40 personnes . Que les médecins, s'en foutent, que les familles s'en foutent , que l'état et la collectivité s'en foutent, la seule crainte que j'ai maintenant, c'est que l'on considère les aides soignantes comme des tortionnaires et qu'elles soient les boucs émissaires de toute une société et surtout de ses élites ....

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Non mais vous vous fichez du monde!!

Vous étes un sîte people, qui avait encore il y a peu de temps montré les photos des obsèques de Guillaume Depardieu (sa famille éplorée etc...). C'est décent ça? Quand c'est pour montrer qui couche avec qui, où des starlettes à poil, je m'en fiche. Cela me distrais, c'est pour ça que je viens sur le sîte, mais si c'est pour lire des critiques à deux balles sur une emission somme toute sèrieuse, sur un sujet sèrieux deplus, de VOTRE part, là c'est n'importe quoi!
Vous vous nourrissez des poubelles, donc ne venez pas maintenant jouer les vierges effaroucheés! Vous pouvez donner votre opinion sur la "moralité du métier de journaliste", mais tout le monde vous dira que venant d'un journal people, elle ne vaut pas un clou. N'oubliez pas qui vous êtes, et ce que vous faîtes.
Un peu de décence et d'honnêteté sur ce coup là!

Et c'est pas parce-que c'est dans Libé que c'est bien ou vrai. Ils peuvent se planter comme tout le monde.

P.S: A Mr le grand journaliste auteur du papier: si tous les journalistes devaient intervenir, il n'y aurait pas de grand reporters de guerre par exemple! Le boulot d'un journaliste, c'est de rapporter des images, des témoignages, et de montrer la vérité.

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la vérité dérange et bien je suis contente que l on a pu voir ce reportage car déjà une maison de retraite médicalisée vaux 2500 a 3000 euros alors la vous êtes a peut près bien mais si vous avez que 1000 euros par mois et bien vous êtes dans un mouroir et cela n ai pas beau a voir il faut mettre des moyens et beaucoup de moyens j ai été confronte a cela pour ma maman qui a eu de la chance il faut aller voir nos parents a n importe quelle heures et la nous avons souvent des surpris

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Julien Lamury, ou comment repomper les idées d'un journal sans y ajouter une once d'objectivité ou d'intellect...

Sans parler de l'enrobage marketing, qui n'est que le produit de la télévision actuelle, le fond a été mal compris. Ce n'est pas à Pujadas de donner les coordonnées de la maison filmée, mais au gouvernement de prendre conscience que la politique du "je compatis mais je fais tout pour que ça aille de mal en pis" conduit indubitablement à ce genre de spectacle. Ce n'est pas un épiphénomène, mais seulement un exemple parmi beaucoup d'autres. Laissez ces personnes à l'agonie ? Non mais serieux, tu réfléchis deux secondes à ce que tu écris ? Bientôt on mettra l'état de ces vieilles personnes sur le compte des journalistes infiltrés...

C'est trop facile de ne rien faire, d'attendre que des journalistes fassent le boulot de la ddass et de s'en prendre publiquement à une maison alors que ça se passe comme ça dans 70% des cas.

Julien Lamury, aligner plusieurs phrases c'est bien, mais lever le nez du guidon et comprendre le sens de la démarche est nettement mieux. Pourquoi critiquer la forme (alléchante, packagée de façon dramatique, certes), jusqu'à en occulter le fond ? le fait qu'une télévision a plus fait pour ces vieilles personnes dont tout le monde se fout que la ddass (et par voie de conséquence le gouvernement) en un an. Comme cette ministre qui s'offusque de ce reportage alors que des chefs d'hopitaux ou de maisons lui déposent des plaintes ou des rapports affligeants tous les jours, sans aucune action, toujours avec l'excuse du manque de moyen et du manque de formation...

Bref, comme souvent en France, on ne tappe pas sur la bonne personne. On préfère vilipender un reportage trop enjolivé plutôt que de demander des comptes aux vrais acteurs.

Michael.

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Liz86000, je suis étonnament et agréablement surpris par ta réponse. J'approuve complètement.

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Je ne comprends pas du tout les commentaires de Liz et de Justeen i Au départ le sujet est louable et il est important de savoir ce qui se passe dans les maisons de retraite, hôpitaux ou autres asiles de nuit. C'est la façon dont ce sujet est traité qui dérange. C'était insoutenable à regarder hier, non pas pour être face à une vérité qui nous dérange tous ( surtout ceux qui ont des parents dans ces maisons ou de la famille) mais de la façon dont le sujet était traité. On ne peut pas faire de l'audience avec tout! A la place de la journaliste, j'aurais immédiatement plaqué le reportage et j'aurais dénoncé ce que je voyais. Comme le remarque très justement Debeauvoirs1, on la voit devenir comme les autres. Elle ne s'insurge pas, elle ne réagit pas, c'est çà qui est choquant. Elle tient son reportage et elle y met du coeur . Je travaille dans une société de montage de films, je connais bien le processus et ce sujet est monté, quasiment scénarisé. Si c'est de la caméra cachée, il ne doit pas avoir de coupe... on nous montre ou on nous montre pas. C'est évident malheureusement qu'il y a des maltraitances, de l'indifférence, j'ai juste eu l'impression que ce n'était pas un reportage honnête. Et pour contredire le journaliste du site, les émissions racoleuses, certes, de TF1 et du sieur Villeneuve avaient un parfum d'honnêté que n'avait pas celui-là.

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