Nous adorons Gérard Lanvin. Pour son talent d'acteur évident (même dans les publicités télé !), mais aussi pour ses valeurs et son franc-parler. Gérard, c'est un mec qui ne s'est jamais couché devant personne, ni devant le système. C'est un type qui peut se regarder dans une glace et soutenir son regard sans avoir besoin de le baisser. Un comédien rare, dans ce métier de semblants et de faux-semblants. Gérard, c'est un vrai mec. A l'ancienne. Un type qui assume ses choix et ses déclarations, qu'il formule avec ses mots. Toujours plein d'esprit.
Alors qu'il a récemment déclaré qu'on ne le verrait plus au cinéma passé 60 ans, la star de 58 ans (qui a déjà 30 ans de carrière derrière lui et des succès à la pelle, des Spécialistes à Marche à l'ombre, en passant par Le fils préféré, avec un César à la clef) sera omniprésent en cette fin d'année et en début d'année prochaine.
Celui qu'on a pu voir récemment dans l'excellent Mesrine - L'ennemi public numéro 1 (voir la bande-annonce), est effectivement depuis mercredi à l'affiche de Secret Défense, le nouveau film de Philippe Haïm, dans lequel il incarne le patron de la DGSE confronté au monde du mensonge. Une interprétation hors-pair. Mais on le retrouvera également dès le 21 janvier au générique de la comédie Envoyés très spéciaux (voir la bande-annonce), aux côtés de Gérard Jugnot, et le 25 mars dans Erreur de la banque en votre faveur, du duo Michel Munz et Gérard Bitton, à qui l'on doit le scénario de La vérité si je mens, et les films Ah si j'étais riche et Le cactus.
On connaissait la star très cash en interview, sans langue de bois, parlant au premier degré en sans pincettes. Dans les pages du nouveau Télé Obs, dans lequel il s'est livré en vue de la promotion de Secret Défense, l'acteur en donne une fois de plus la preuve. Extraits.
Quand on l'interroge sur ses rapports avec deux de ses récents partenaires — Benoît Poelvoorde pour Le Boulet et Franck Dubosc pour Camping (le second ayant d'ailleurs remplacé le premier au générique de Cinéman, de Yann Moix, après l'embrouille entre la star belge et le réalisateur de Podium) — le comédien rétorque quant à sa préférence : "Sans l'ombre d'une hésitation, Poelvoorde ! Hésiter, ce serait ne pas avoir saisi qui est Benoît. En revanche, j'ai, hélas, très bien compris qui est Dubosc... (Concernant Benoît) je suis d'ailleurs désespéré de le savoir si mal en ce moment. Grand acteur, cultivé, intelligent, sensible, généreux, et puis... je n'ai même plus de mots pour vous signifier à quel point je le trouve drôle. J'aurais eu cette chance de jouer un jour avec un génie de la comédie. (...) En résumé : je l'aime".
Concernant son inventuelle participation à Camping 2, qui a été annoncée à droite et à gauche : "Pipeau complet. Je ne sais pas encore d'où le coup est parti, mais je le saurai et dites-vous bien qu'il n'en a nullement été question. Depuis la sortie du premier 'Camping', par ailleurs, Dubosc en promo n'a jamais, mais alors jamais, cité les gens qui ont réellement participé à l'aventure. C'est tout juste s'il a daigné dire que le film était signé Fabien Onteniente. Moi, je m'en fous, je suis déjà connu, pas besoin de tout ce cirque ; mais les autres, imaginez... (...) Enfin, si tant est qu'ils m'aient proposé de repiquer au jeu dans le second épisode, je leur aurais dit non, et pas plus tard que tout de suite".
Quand on l'interroge sur la médiatisation de certains comédiens, notamment à travers la presse people, et qui vivent grâce à cette surmédiatisation et non grâce à leur talent, Gérard n'y va pas non plus avec le dos de la cuillère : "Si j'étais au Festival de Cannes avec trois putes, à me faire passer pour une épée sexuelle, l'info passerait d'un producteur à l'autre, lesquels se diraient direct 'c'est exactement ce qu'il nous faut' ! Aujourd'hui, le people fait sa loi. Si tu ne te montres pas en string au moins une fois, t'es dans la merde ! Il est bon d'afficher sa réussite sur un yacht car les loquedus font fantasmer les loquedus".
Sa performance exceptionnelle dans le délirant Envoyés très spéciaux, donne au journaliste Philippe Vecchi (qui a réalisé cette interview) l'occasion de lui demander pourquoi il n'a jamais tourné avec Francis Veber, pourtant la figure emblématique de la comédie française. Une fois encore, l'acteur français n'a pas sa langue dans sa poche : "Non merci, je ne bosserai jamais avec Veber. 43 prises de la même scène, je ne pourrais pas. Et puis je l'ai vu dans un reportage télé expliquer à Pierre Richard... comment il devait apprendre à jouer ! Mais on est où, là ? Que Veber continue à prendre 2 millions par film, et qu'il continue à refaire 'L'emmerdeur', c'est très bien pour lui".
Enfin, concernant ses goûts propres et les artistes qu'il admire aujourd'hui : "Prenez Amy Winehouse : on n'a — hélas pour nous — pas l'équivalent en France. Elle, c'est une tuerie ! Et elle est vraiment dans le rock'n'roll, dans ce qu'il y a de plus dangereux, complexe, et de plus dur... Ce qui lui arrive est dramatique, mais elle vit le truc à mille pour cent !"
Secret Défense, de Philippe Haïm, avec Gérard Lanvin, Vahina Giocante et Nicolas Duvauchelle, en salles depuis le 10 décembre.
Envoyés très spéciaux, de Frédéric Auburtin, avec Gérard Lanvin, Gérard Jugnot et Omar Sy, en salles à partir du 21 janvier 2009.
Erreur de la banque en votre faveur, de Michel Munz et Gérard Bitton, avec Gérard Lanvin, Jean-Pierre Darroussin et Barbara Schulz, en salles à partir du 25 mars 2009.
Adam Ikx
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