Quand Meryl Streep raconte sa propre expérience de la pédophilie...
Toute l'actu de Meryl Streep
15/02/12 Sorties cinéma : Meryl Streep et Juliette Binoche pour une concurrence royale
27/01/12 Oscars 2012 : Meryl Streep, Rooney Mara... Qui sera la meilleure actrice ?
"J'ai la sensation d'avoir 40 ans depuis que j'en ai 17, et, aujourd'hui, je ne me sens pas différente" : en quelques mots, Meryl Streep, 60 ans en juin prochain, vient d'illustrer ce pour quoi on l'admire inconditionnellement - une foudroyante et constante lucidité, où un enthousiasme digne de la jeunesse côtoie la sagacité héritée de l'expérience.
Dans une formidable interview accordée à Paris-Match, la fascinante comédienne livre quelques pans de sa saisissante intelligence des choses, prouvant une fois encore le questionnement qui anime en permanence son travail.
A l'occasion du rôle qu'elle tient dans le multi-nominé Doubt de John Patrick Shanley (adapté d'après sa propre pièce du même nom), qui explore le sujet à haut risque de la pédophilie en contexte religieux, Meryl Streep promène un regard sans compromission sur cette question et sur d'autres, que le film met en exergue. Elle y incarne la très austère Soeur Aloysius , laquelle s'allie à une jeune enseignante (incarnée par Amy Adams) pour dévoiler les agissements pédophiles du père Flynn (Phillip Seymour Hoffman).
Sur un plan politique, elle admet volontiers être dans le doute permanent : "Parce que je sais que l'être humain est fragile et décevant, explique-t-elle. Et, bien que ce ne soit pas très populaire de l'admettre, j'ai aussi du mal à proclamer que le président Bush a été totalement mauvais. Je crois qu'il n'a pas été à la hauteur de sa fonction mais il a fait plus contre le sida en Afrique que Bill Clinton du temps de sa présidence."
Même mélange de mesure et de clairvoyance sur les questions religieuses : "Dieu est le joker absolu. Quel argument opposer à ceux qui ont Dieu avec eux ? Leur certitude inébranlable fait fait qu'il n'y a plus de discussion possible."
Sur la place des femmes, celle qui dit "continuer à tourner parce qu'il y a des femmes au sommet de la hiérarchie à Hollywood" ("Quand j'ai débuté, (...) la carrière d'une actrice s'arrêtait à 40 ans parce qu'ils [les hommes aux postes clés] ne pouvaient pas fantasmer sur une héroïne qui avait l'âge de leur première épouse", explicite-t-elle) fait encore preuve de beaucoup de psychologie : "Je crois que les deux sexes sont terriffés par le changement, explique-t-elle. Les femmes veulent l'égalité, mais elles ont peur de ne plus être désirables, d'effrayer les hommmes et de se retrouver seules. DEpuis quelques années, elles font un pas en arrière ; elles maigrissent pour avoir l'air fragile, pour faire oublier leur intelligence et leurs qualifications..."
Mais la plus surprenante des révélations survient lorsque la journaliste lui demande si elle-même a "le souvenir d'une situation ambiguë" avec l'un de ses professeurs. Voici sa réponse : "Figurez-vous que j'ai eu une expérience étrange avec mon prof de français à l'âge de 12 ans ! Le laboratoire de langues était équipé d'un matériel audio, et, du poste de maître, il chuchotait dans mes écouteurs, me faisait entendre des disques de Charles Aznavour et me faisiat une cour pressante. Il était marié, père de cinq enfants, et il m'a fallu un certain temps pour réaliser que ce n'était pas très sain"...
On se contentera de dire qu'il y a prescription... Et nous, on vous prescrit d'aller voir Doubt, pour découvrir comment Meryl Streep se confronte à la question.
G.J.
Faire un lien vers cet article








Cliquez sur un smiley pour l'insérer.