Vous reprendrez bien une louche de politique spectacle ? Au lendemain de l'élection historique de Barack Obama, dont la coalition hollywoodienne et l'incroyable liesse populaire qui a salué son succès doivent faire baver Nicolas Sarkozy, l'imitateur Yves Lecoq vous ressert volontiers.
Au menu de son nouveau spectacle, qui investit le Cirque d'hiver jusqu'au 15 novembre, le très élégant humoriste jette en pâture dans l'arène les immanquables du moment : Nicolas et Carlita, Obama, François Fillon, Alain Delon sont quelques-unes des têtes d'affiche de son répertoire vocal, fort de plus de 150 voix parlées ou chantées.
La voix "reconnaissable" du show satirique salvateur Les Guignols de l'Info, qu'il anime depuis vingt ans déjà, et dont les impostures PPDesque et chiraquienne sont devenues de véritables institutions, revient donc dans un 2008 après Jacques Chirac écrit à quatre mains avec son compère de longue date, l'académicien Jean-Loup Dabadie.
Alors que toute la Gaule est occupée par Sarkozyx — selon d'autres experts de la satire corrosive —, Yves Lecoq, qui sacre Alain Delon "César à vie", se réserve la primeur de l'imitation de Carla Bruni, "première dame de France qui chante ailleurs qu'à la messe" : dans l'imitation inédite de l'humoriste, Carlita viendra présenter son dernier succès, "Bling-Bling", un titre dont "les ultra-sons plaisent aux dauphins". "Le soir, je lis Saint-Exupéry à mon saint exubérant", nous raconte-t-elle encore… C'est presque trop vrai !
Au rayon de l'infantilisation du Président, Lecoq envoie Sarkozy petit garçon à L'Ecole des Fans, où il lâche à Jacques Martin : "Je suis venu tout seul, mais je repartirais bien avec ta femme".
Mais attention, si Nicolas claquera également la porte de ses obligations pour filer, toutes affaires cessantes, aider son poto Christian Clavier "qui a ses quatre pneus crevés", n'allez pas croire à la fixette sauvage et à la sarkozydose aigue : François Fillon, transformé en dealer d'anti-dépresseurs et Ségolène Royal coachée par Chantal Goya, feront un joli cirque, à l'instar de Zinedine Zidane ou Julien Doré, entre autres.
Assisté de ses Coquettes (ses quatre danseuses) et accompagné par cinq musiciens, le roi de l'irrévérence classieuse nous donnera également des nouvelles de Jacques Chirac (son alter ego depuis 30 ans…), retraité abonné aux soupes populaires dans les Guignols, qui s'adonne à un régime bière-pantoufles seulement contrarié par la présence pénible de Maman (Bernadette) et par la crise qui le touche de plein fouet ("j'vous avais prévenus") : dans le spectacle, c'est en retraité établi au Maroc qu'on le retrouvera, affublé d'une belle djellaba. Jacquot au naturel, quoi.
Enfin, actu oblige, Yves Lecoq accueille au nombre de ses nouvelles victimes le 44e président des Etats-Unis Barack Obama, pour une formidable imitation… en version française, la classe. On ne vous dira rien, sauf que son duel avec John McCain est arbitré par Michael Jackson et son hit Black or White.
Enfin, la politique spectacle redevient franchement marrante. Merci, Yves.
Guillaume Joffroy
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